Manuel Bompard (LFI) : "Le pouvoir est dans une dérive autoritaire"

Manuel Bompard
Manuel Bompard (LFI) interviewé par Patrick Roger  sur Sud Radio. Sud Radio

Manuel Bompard, directeur national des campagnes de La France insoumise et candidat aux élections européennes, était l’invité politique de Patrick Roger jeudi 31 janvier 2019 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

 



 

Beaucoup de jeunes apparaissent sur les listes des principaux partis pour les élections européennes, en particulier, en têtes de listes. Manuel Bompard fait partie de ces jeunes, il a 32 ans.

"Pour un certain nombre d’entre nous, l’Europe c’est Erasmus, c'est joli. Mais finalement, ce que nous avons devant nous aujourd'hui, ce sont les travailleurs détachés, les multinationales, le poids des lobbies. On a besoin de tourner la page de ces traités qui détruisent nos droits sociaux, qui détruisent notre environnement et notre planète.

Aujourd’hui, pour beaucoup de gens, l’Europe c’est le service public, la gare qui ferme. L’Europe, c’est aussi le référendum de 2005 qui est rejeté et qui passe finalement par la voie parlementaire. L'Europe aujourd'hui, c'est beaucoup de désillusions. Notre idée, c’est de dire qu’il faut remettre en cause les traités qui régissent l’Union Européenne, pas l’Europe elle-même."

Quant à l'âge des principaux candidats, c'est un atout pour Manuel Bompard : "C’est bien qu’une nouvelle génération s’engage et soit en première ligne".

Manuel Bompard : "Ce que revendiquent les gens, c’est de la démocratie et des réponses à leurs questions"

Ce jeudi 31 janvier 2019, l'Assemblée a voté une loi anti-casseurs, qui permettra de procéder à des interpellations préventives. "Le pouvoir est engagé dans une dérive autoritaire extrêmement inquiétante. Il y a déjà des moyens pour neutraliser ceux qui viennent manifester pour casser. Dans une démocratie, la justice ne doit pas fonctionner sur la base de l’arbitraire, mais sur la base de preuves. Là, on rentre dans une dérive autoritaire : ce sera l’autorité administrative qui pourra décider qui a le droit de manifester ou n’en a pas le droit. Il y a besoin d’ordre, mais il n’y a pas d’ordre s’il n’y a pas de justice. Or, ce que revendiquent les gens, c’est de la démocratie et des réponses à leurs questions."

Quant au grand débat, Manuel Bompard n'y croit pas : "On participerait avec grand plaisir à ce grand débat s'il n'était pas biaisé d’avance. Chantal Jouanno a dit qu’il lui avait été impossible de garantir l’indépendance du débat face à l’exécutif, c'est pour cela qu'elle a démissionné. L’autre travers, c’est que les questions sont extrêmement biaisées. Et à la fin, que se passe-t-il ? C’est Jupiter qui tranche. Nous n’avons pas envie de valider une opération de diversion par notre participation".

"J'enfile un gilet jaune tous les samedis"

Résultat, La France insoumise soutiendra l'appel à manifester des syndicats le 5 février prochain : 

"On voit bien que la mobilisation le week-end ne permet pas de faire avancer les choses, nous appuyons donc l’appel à la mobilisation du 5 février 2019. Bien sûr, j’enfile un gilet jaune tous les samedis. J’observe que les revendications des 'gilets jaunes' sont à 99% compatibles avec celles de La France insoumise. Pour l’essentiel, ce mouvement porte des revendications qui sont progressistes."

Enfin, Manuel Bompard commente les appels au rassemblement à gauche : "Nous, on a déjà rassemblé sur notre liste. On a des gens issus du parti socialiste, du parti communiste, on rassemble ! Celles et ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus".

 

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