éditorial

L'édito de Christophe Bordet

Christophe Bordet ©Anthony Ghnassia
Politique

Macron veut la peau de l’économie sociale et solidaire, nouveau revers pour Hulot

Nicolas Hulot lance le mois de l'économie sociale et solidaire. Sans doute une réalité pour lui, mais beaucoup moins pour le président de la République, les autres membres du Gouvernement et les députés de La République en Marche!

 

Nicolas Hulot a du pain sur la planche. Aujourd’hui, Bruxelles va trancher sur le glyphosate et le ministre lance le mois de l’économie solidaire et sociale. Et sur ce sujet, il est confronté, bien malgré lui, à la realpolitik.

Le ministre a fait un rêve : ‘L’économie sociale et solidaire devrait devenir la norme en France car dans un monde aux ressources limitées, la solidarité n’est pas une option, mais une obligation’.

C’est beau non ? C’est un peu perché, quand même, mais c’est beau. Ça fait très peace and love, on est un peu dans le côté beatnik.

On rigole, mais en réalité, c’est très concret. Ça regroupe des associations, des coopératives, 2,3 millions de salariés, 10 % du PIB. Ce n’est pas rien, mais de la à ce que ça devienne la norme, il y a quand même un monde.

C’est sans doute réel pour Nicolas Hulot, mais pour les députés La République en Marche! et le reste du gouvernement, ce n’est pas forcément perçu de la même manière. Les incitations fiscales qui permettaient aux particuliers de payer moins d’impôts parce qu’ils investissaient, devenaient en quelque sorte actionnaires d’associations solidaires, comme la fondation Abbé Pierre, viennent d’être supprimées dans le cadre du projet de budget 2018.

Ça signifie moins d’argent frais pour les associations, les entreprises de la solidarité. Pour les plus petites, ça signifie même la mort assurée. C’est pourtant grâce à ces fonds venus directement de la poche des particuliers en 2016 que 49 000 emplois d’insertion ont été consolidés.

Pour devenir la norme, comme le souhaite Nicolas Hulot, encore faut-il que le président, Emmanuel Macron, le souhaite. Encore un revers pour le ministre.

Preuve qu’entre Hulot et Macron, on est loin de l’association solidaire.

Écoutez l'édito de Christophe Bordet dans le Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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