Luc Carvounas: "Emmanuel Macron n'est pas le progressisme"

Emmanuel Macron, chef de file autoproclamé d'un camp progressiste face aux nationalistes et populistes? Une étiquette que lui dénie le député PS du Val-de-Marne, Luc Carvounas...qui reconnait que la dispersion ne joue pas en faveur des listes de gauche !

 

Les bons sondages du camp présidentiel, en vue des élections européennes? C'est bien la moindre des choses vu sa présence médiatique, estime Luc Carvounas. "Il est parti en campagne depuis qu'il a lancé le grand débat. Les stand-up d’Emmanuel Macron tournent sur toues les chaînes d’information en continu. Encore heureux qu'il monte dans les sondages, vu comment il inonde les téléviseurs et les radios".

Alors que le président de la République s'exprime à la télévision italienne, pour incarner l'opposition à la vague nationaliste et populiste, le député de la Seine-et-Marne refuse de s'inscrire dans ce nouveau clivage.

"Emmanuel Macron n’est pas le progressisme. C’est le libéralisme à tout crin. Aujourd'hui on a une confrontation, voulue par le président, entre libéraux et nationalises. On a vu ce que ça a donné après Matteo Renzi, qui a passé la main à Salvini. Je ne veux pas ça pour mon pays. A force d’avoir une ligne totalement néolibérale, si la gauche ne se ressaisit pas, on risque d’avoir un spectacle comme celui de l’Italie."

"Une explication avec Olivier Faure"

Le député du Val-de-Marne, qui entend obtenir des explications, lors d'une réunion qui s'annonce musclée au PS cet après-midi.

"La gauche est idiote : tous les leaders sont d'accord, et ont peur d'un scénario à l'italienne, mais personne ne se retrousse les manches pour s'entendre sur un programme commun. Chacun part dans son couloir. Tous ces leaders devront en répondre le 26 mai au soir ! Je constate qu’en un week-end, tous ceux qu’Olivier Faure désignait comme partenaires potentiels se défilent. L'UDE, Place publique... J'aimerais un échange avec Olivier Faure: soit on nous a pas tout dit, soit il nous a a baladé, soit  pire c'est lui qui s’est fait balader."

Le premier-secrétaire pourrait-il incarner la tête de liste PS aux Européennes? Commentaire très peu enthousiaste, de Luc Carvounas: "Il est à 6 % des les sondages, comme Benoît Hamon. Moi, je vois pas la stratégie, à force de faire des zig et des zag".

François Hollande? Non merci

En tout cas les vélléités de retour de l'ex-président le laissent de marbre. François Hollande, très présent ces derniers temps "Il a surtout été très absent au moment de la présidentielle. Et si on a été divisés par 10 à l’Assemblée, c’est aussi de son fait. François Hollande, c'est une voix. Mais est-ce que c'est la voie? Clairement, je ne pense pas !" Luc Carvounas, qui esquisse sa propre partition, et évoque le pouvoir d'achat, grand échec des présidences présente et passées selon lui: "Il faut ré-indexer les retraites sur l’inflation, confirmer que les pensions de réversion des veuves ne sont pas en danger comme on l'entend, qu’on ne fasse pas des carabistouilles en faisant croire qu’on va monter le SMIC de 100 euros sans le faire. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont échoué sur le pouvoir d'achat. Emmanuel Macron est en train d'échouer.".

Algérie: "je comprends que les gens manifestent"

Le député du Val-de-Marne, s'il prend des pincettes pour éviter tout discours d'ingérence, ne cache pas son incrédulité devant la situation algérienne, et ce nouveau mandat sollicité par Abdelaziz Bouteflika: "J’ai été sollicité par des binationaux extrêmement inquiets, qui craignaient que ce qui se passe là bas n'infuse dans la diaspora en France. Je ne veux pas faire d’ingérence, mais un cinquième mandat par un président cloué à sa chambre d’hôpital en Suisse, est-ce vraiment sain pour le peuple algérien? Je comprends que les gens manifestent. Quand on a 20 ans en Algérie, on n'a jamais entendu la voix du président Bouteflika. Il y a quand-même un problème !".

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