Les interrogations autour de la déclaration de patrimoine d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron © Tim Douet

Le candidat déclare l'un des plus petits patrimoines de l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle.

Quel est le patrimoine d'Emmanuel Macron ? Ceux qui s'attendent à des chiffres astronomiques, fruit d'une carrière courte mais fructueuse au sein de la banque Rothschild ou encore de la vente de son appartement pour près d'un million d'euros, risquent d'être surpris.

Le leader d'En Marche ! déclare en effet un patrimoine brut dépassant à peine les 600 000 euros. Surprenant pour quelqu'un qui, dans sa déclaration d'intérêts signée en 2014, déclarait avoir gagné 3,3 millions d'euros de revenus, avant impôts, simplement entre 2009 et 2014, en tant que banquier chez Rothschild, puis comme secrétaire général de l'Elysée.

Les soupçons d'Anticor renforcés ?

Dans sa déclaration, on ne retrouve aucun bien immobilier, puisqu'il a vendu l'appartement dont il était propriétaire à Paris et estimé autour de 900 000 euros. On y retrouve en revanche une douzaine de comptes bancaires, comptes titres et livrets, ainsi qu'une assurance vie, pour une valeur atteignant 340 000 euros. Autre source de revenus, les droits d'auteurs de son ouvrage Révolution publié à la maison d'édition XO, d'un montant de 274 141,62 euros.

Soit un patrimoine brut dépassant de peu les 600 000 euros. Bien loin des sommes qu'il a pu percevoir il y a quelques années. L'association Anticor s'était déjà interrogée sur les différences entre les sommes qu'avaient pu gagner Emmanuel Macron, principalement lors de son emploi chez Rothschild, et le "faible" patrimoine déclaré. Et encore, à l'époque, Anticor se basait sur une déclaration où le patrimoine de l'ancien ministre de l'Economie était deux fois supérieur.

Plus de 300 000 euros de créances

D'autant que si l'on prend en compte les créances qu'il déclare à la Haute autorité, Emmanuel Macron possède parmi les plus faibles patrimoines nets des candidats à la présidentielle. il doit 53 652 euros à l'État, après sa radiation de la Haute fonction publique sans avoir exercé les dix années à l'État, contrepartie de sa formation. Il doit également rembourser 246 837,44 euros d'un emprunt de 350 000 euros souscrit sur 15 ans auprès du Crédit Mutuel, en 2011, pour financer des travaux dans la maison de son épouse.

Étonnant, alors que ces travaux était l'une des excuses que l'ancien secrétaire général de l'Élysée avait utilisé pour expliquer pourquoi son patrimoine avait autant fondu ces dernières années. En plus d'associer des soutiens de droite et de gauche, Emmanuel Macron parvient à associer transparence et soupçons d'opacité.

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