Le Sénat rejette l’interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires

Sénat

En pleine lecture du texte de loi sur le rétablissement de la confiance dans la vie publique, le Sénat a adopté cette nuit un amendement qui ré-autorise les emplois familiaux pour les élus.

L’ère de la transparence totale n’est pas encore arrivée, loin de là. Alors que plusieurs récentes affaires politico-judiciaires (Fillon, Le Roux, Ferrand…) ont mis un coup de projecteur ces derniers mois sur la question des emplois familiaux des élus et parlementaires, le projet de loi pour le rétablissement de la confiance dans la vie politique, actuellement en pleine navette parlementaire entre l’Assemblée nationale et le Sénat, est censé remédier à cette question une bonne fois pour toutes. Mais pas sûr qu’il y arrive totalement…

Le Sénat réintroduit discrètement le droit aux emplois familiaux pour les élus

Ainsi, alors que le texte est aujourd’hui en lecture au Sénat, les sénateurs ont adopté la nuit dernière un amendement, contre l'avis du gouvernement et de la commission des lois, pour rétablir l’autorisation des emplois familiaux pour les parlementaires. "Cette disposition n'offre pas une solution satisfaisante à l'objectif du texte, qui vise à rétablir la confiance des citoyens dans l'action publique. La priorité est plutôt de s'assurer que les moyens alloués aux parlementaires pour rémunérer leurs collaborateurs soient utilisés à rémunérer des personnes qui assistent effectivement les parlementaires dans leurs fonctions, plutôt que d'introduire des dispositions discriminantes dont les effets sur l'amélioration du travail législatif sont hypothétiques", explique Pierre-Yves Collombat, sénateur du Var (groupe RDSE, à majorité PRG). 

"Un texte tiré de l'affaire des emplois de la famille Fillon"

"Nous critiquons depuis des années la tentation de légiférer d'après des faits divers. Là nous avons un texte tiré de l'affaire des emplois de la famille Fillon. Plus que d'emplois familiaux, il s'agit d'emplois fictifs et hors normes", s’insurge Catherine Tasca, sénatrice (PS) des Yvelines, dans des propos rapportés par Le Figaro.

Si ce genre de "coups d’éclat" ne sont pas rares au Parlement, le gouvernement pourra réintroduire cette disposition dans la loi lorsque le texte reviendra à l'Assemblée nationale, où La République En Marche dispose d’une solide majorité absolue.

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