Le regard libre d'Elisabeth Lévy : A la vôtre !

L'arrêté qui voulait interdire la vente d'alcool dans l'Aisne est finalement annulé mais selon Elisabeth Lévy, il faut garder un oeil sur les différentes décisions prises par les hommes politiques en ce moment.

Finalement le Préfet de l’Aisne a fait marche arrière : la vente d’alcool est de nouveau autorisée. 

La prohibition aura duré moins de 24 heure. Mais anecdote montre qu’à l’heure du confinement, la France des technos peut continuer à pourrir la vie de celle des bistrots. Pour son bien. 

S’étant avisé que la vente d’alcool à emporter avait augmenté, Ziad Khoury a pris un arrêté lundi : terminé dans tout le département. 

Objectif : éviter que le cocktail alcool + confinement entraine une recrudescence des violences conjugales. 

Ce n’est pas un pb négligeable. 

Avec ou sans alcool. Huis clos avec un conjoint violent peut tourner au cauchemar. 

Il est vrai qu’avec ou sans confinement l’alcool désinhibe les brutes. 

Mais comme le tweetait un certain Maxime:«priver un homme violent et alcoolique de son alcool pour le calmer une idée de génie ». Les addictologues consultés par le préfet APRES son arrêté l’ont convaincu de renoncer. 

Préfet devrait plutôt mobiliser sa police. Sera aussi utile à protéger les femmes (et les hommes) battus qu’à contrôler le cabas des honnêtes gens. Toute la vie sociale ne se résume pas au COVID 19. 

C’est aussi le rôle de l’Etat de lutter contre l’alcoolisme. 

D’abord, on peut encourager pas imposer. Nous ne sommes pas des enfants.  

Et puis, est-ce le moment ? Dans sa grande sagesse, le gouvernement a laissé les tabacs ouverts (et non ce n’est pas pour toucher les taxes). 

D’ailleurs, à coups de visio-apéros, une bonne partie de la France confinée (toutes classes sociales confondues) a tendance à abuser de la bouteille (et à trop manger). Ce n’est pas bien. 

Puisque le préfet a reculé quelle importance. 

L’épisode a réveillé la méfiance du petit peuple comme dit Onfray, voire chez certains le soupçon que les élites ont inventé le corona pour mieux nous tenir (medico-négationnisme). Et pas seulement dans l’Aisne, victime d’une stigmatisation collective et préventive. 

Bref, la France des Gilets jaunes s’est étranglée de rage ou de rire. 

« Les gars, la dictature continue. Ça commence aujourd’hui dans l’Aisne faites tourner à max et faites vos stocks. » 

Marcel Aiphan« On n’est pas capable de définir une liste des entreprises vitales ni une norme de protection des salariés mais on met un département en sevrage forcé et on limite les enterrements. C’est à nous qu’ils font la guerre. »

Nous contre eux, nous y revoilà. Nous les petits, nous les pauvres, nous la piétaille. La France qui fume des clopes et roule au diésel. Céline prédisait qu’un jour tous les plaisirs de pauvres seraient interdits. Alors pour cette fois, c’est bon circulez, mais on vous tient à l’œil.