Le gouvernement va "mener une politique de choc" contre le pays selon Alexis Corbière

Invité vendredi de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat, Alexis Corbière, le porte-parole de la France insoumise, est revenu sur les premiers jours au pouvoir d’Emmanuel Macron.

À peine une semaine après sa prise de fonction, Emmanuel Macron a endossé "tous les vieux habits d’apparat de cette Ve république que je trouve en réalité vieillissante, pourrissante même", a affirmé Alexis Corbière, invité vendredi de Territoires d’infos sur Sud Radio et Public Sénat. "Ce que j’appelle pourrissante, c’est que ça concentre énormément de pouvoir sur un homme qui obtenu 18 % des électeurs inscrits au premier tour. Ce système fait qu’au second tour, on a rejeté Marine Le Pen et tous les pouvoirs se concentrent désormais sur lui", dénonce le porte-parole de la France insoumise

Un gouvernement guidé par les élections législatives

Plus tributaire d’un vote utile que d’un vote de conviction selon Alexis Corbière, Emmanuel Macron et son gouvernement s’apprêteraient à mener une "politique de choc" contre le pays. "Il n’y a pas de base politique majoritaire dans le pays pour mener la politique de M.Macron. Je ne crois pas que ce pays veuille majoritairement des milliers de postes de fonctionnaire en moins, la remise en cause du Code du travail, la continuité de l’Union européenne telle qu’elle se construit", justifie le porte-parole de la France insoumise. Et les gestes faits par le gouvernement, notamment l’appel du Premier ministre aux organisations syndicales et patronales pour leur faire part de l’importance du dialogue social, ne sont pas suffisants pour convaincre Alexis Corbière. "Tout ce qui est dit aujourd’hui par ce gouvernement a deux dates en tête : 11 et 18 juin. Ils veulent remporter les élections législatives"

Nicolas Hulot au gouvernement, une erreur

Interrogé sur la présence de Nicolas Hulot dans le gouvernement composé par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, Alexis Cobière estime que l’écologiste n’aurait pas dû accepter. "Si M.Macron mène la politique qu’il a annoncée, et que M. Hulot reste solidaire de cette politique pendant cinq ans, il aura renoncé à ses convictions", estime le porte-parole de la France insoumise jugeant malgré tout probable un départ rapide du ministre de la Transition écologique et solidaire. 

Selon Alexis Corbière, Nicolas Hulot a déjà dû "avaler sa première couleuvre" lors de son passage au JT de France 2 sur la question de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Défavorable à ce projet avant d’entrer au gouvernement, le nouveau ministre a dit hier soir qu’il existe des alternatives pour satisfaire les intérêts de chacun. "J’espère que M.Hulot ne va pas marcher dans les pas de M.Macron qui est le roi du 'et en même temps', déclare le porte-parole de la France insoumise. Ce dossier d’un point de vue écologique et économique, c’est une aberration. Je ne sais pas à quoi fait référence M.Hulot. Si une autre solution existait, elle serait apparue." 

Jean-Luc Mélenchon candidat à Marseille pour les élections législatives 

Le candidat à la présidentielle de la France insoumise a choisi Marseille pour se présenter aux prochaines élections législatives. Un parachutage pour certains, une décision logique pour Alexis Corbière. "Qu’est-ce que c’est que cette histoire de parachutage ? On est tous Français, c’est une élection nationale, affirme le porte-parole de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon fait partie de notre patrimoine national, il est partout chez lui. Partout, où il y a des idées et des gens qui luttent pour l’égalité sociale, la justice et l’environnement, ils sont avec Jean-Luc Mélenchon et Jean-Luc Mélenchon peut être leur candidat".  

Emmanuel Macron au Mali 

Réagissant à la visite du chef de l’État au Mali, notamment pour rencontrer les forces françaises engagées contre les groupes jihadistes, Alexis Corbière déclare ne pas vouloir "polémiquer absurdement". "Il y a des hommes qui risquent leur vie au nom de la France, aller les saluer ce n’est pas ça qui me dérange. C’est une forme d’hommage à leurs services rendus", précise le porte-parole. Néanmoins, il regrette "les choix de courtes vues qui ont été fait". "Il y a beaucoup de choses qui peuvent être faites sans que les armes parlent immédiatement", ajoute Alexis Corbière qui admet qu’il serait "difficile" que les militaires "partent immédiatement"

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio