Le discours de Macron était "un mauvais moment, une déception", selon Brice Hortefeux

Le discours d'Emmanuel Macron au Parlement européen était "clair-obscur et décevant", selon Brice Hortefeux. L'ancien ministre de l’Intérieur, eurodéputé LR et membre de l'équipe de campagne de Valérie Pécresse, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

Macron
Brice Hortefeux, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le jeudi 20 janvier 2022, dans "le petit déjeuner politique".

Les Présidentielles qui s'invitent dans le discours de Macron au Parlement européen, la campagne présidentielle, le match à trois avec Éric Zemmour et Marine Le Pen : Brice Hortefeux a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

Président Macron : "Il aurait pu décaler la présidence française"

Au lendemain du discours d'Emmanuel Macron devant le Parlement européen, à l'occasion de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, les six premiers mois de l'année 2022, l'ancien ministre de l'Intérieur s'estime "assez déçu". Ayant participé à la précédente présidence française en 2008, avec Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux se rappelle "d'un grand moment, avec des avancées considérables", comme sur l'écologie, Erasmus et l'immigration. "Hier, c'était la déception", commente le député européen qui tacle un discours "clair-obscur, clair par sa maladresse, obscur car incompréhensible". "Sur la forme, c'était un mauvais moment, sur le fond, un moment de déception", estime-t-il.

Les débats qui ont suivi entre le Président et les représentants des groupes parlementaires a tourné au bras de fer entre Français, à trois mois des élections présidentielles. "On attendait un discours du président de la République française à portée européenne", explique l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy qui regrette "qu'Emmanuel Macron ne l'a pas fait". Les autres députés européens "étaient stupéfaits de cette histoire franco-française", rapporte Brice Hortefeux. Pour éviter ce genre de situation, le député européen estime que le président de la République "aurait pu décaler la présidence française", afin de ne pas chevaucher la campagne électorale.

 

"Il faut réformer Schengen"

Emmanuel Macron a abordé le sujet de l'immigration et des accords de Schengen. Pas assez, selon Brice Hortefeux qui décompte "trois mots à ce sujet, à peine un petit paragraphe sur les frontières, sans faire de propositions". Ce texte signé en 1985 par cinq États, "doit être réformé", pour l'ancien ministre de l'Intérieur. "Ce qui était envisageable à cinq devient beaucoup plus compliqué à 26", explique-t-il.

Pour le député européen LR, les seules propositions du Président n'avaient rien de très originales. "Il parle de la création d'une force d'intervention rapide intergouvernementale, mais ça existe déjà, c'est Frontex", évoque Brice Hortefeux qui n'est "pas rassuré" par le partage de l'accueil des migrants, proposé par Emmanuel Macron.

Dans le programme de Valérie Pécresse, qui, si elle est élue lors de la Présidentielle, deviendra présidente du Conseil européen, l'heure est "d'abord à l'approfondissement, plutôt que l'élargissement" de l'Union européenne. Même formule pour la zone Schengen. La candidate LR ne s'interdit pas également d'envisager "des suspensions de liberté de circulations" au sein de l'Europe.

 

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