"La réforme de la SNCF, c'est la rentabilité financière contre la rentabilité sociale"

"La réforme de la SNCF, c'est la rentabilité financière contre la rentabilité sociale"

Jean-Claude Gayssot (Ex-ministre communiste des Transports, de 1997 à 2002, et ancien Cheminot) était ce lundi l'invité de Philippe Verdier dans la Grand Matin Sud Radio.

C'est aujourd'hui lundi qu'Édouard Philippe reçoit les fédérations de cheminots, la direction de la SNCF mais aussi des associations d'usagers pour une nouvelle consultation au sujet de la réforme du rail. Une réunion que Jean-Claude Gayssot (Ex-ministre communiste des Transports) espère productive.

"Le gouvernement a choisi l'épreuve de force dès le début"

Invité de Philippe Verdier ce matin dans le Grand Matin Sud Radio, l'ancien député communiste de Seine-Saint-Denis s'est en effet montré très critique envers les orientations de l'exécutif. "J'espère que la rencontre entre le Premier ministre et les syndicats va permettre de remettre à plat cette réforme et engager de véritables discussions", a-t-il d'abord affirmé, avant de revenir sur les précédents pourparlers qui n'ont rien apporté selon lui, en raison de l'attitude gouvernementale. "Il y a eu des discussions, il ne faut pas dire qu'il n'y en a pas eu, mais il n'y a pas eu de négociations. Le choix qui a été fait par le gouvernement, c'est le choix de l'épreuve de force dès le départ en comptant sur le mécontentement des usagers du train, sur le pourrissement de la grève et sur la division syndicale", a-t-il ainsi déploré. "Voilà la méthode choisie par le gouvernement pour imposer une réforme qui doit tout au libéralisme économique et rien au service public (...) C'est la rentabilité financière contre la rentabilité sociale qui est à l'œuvre aujourd'hui", a-t-il encore insisté.

"Figurez-vous que je ne souhaite pas que le conflit dure. Je souhaite que le gouvernement et le Premier ministre disent aux organisations syndicales : 'on suspend la réforme et on discute !' Il faut discuter de toutes les questions posées, de la dette, bien sûr et de l'avenir du rail", a par ailleurs confié celui qui a démarré dans la vie active en tant que cheminot, soulignant également le fait que ladite réforme signifiait "une remise en cause des acquis du mouvement ouvrier". Enfin, M. Gayssot a commenté le conflit au sein d'Air France, considérant que "le seul moyen" d'en sortir était de "respecter les partenaires sociaux".

>> Retrouvez l'intégralité de l'interview, disponible en podcast

 

Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio