Juan Branco : "Le manque de légitimité politique crée une disposition à la violence"

Un pouvoir aux abois. Voici comment Juan Branco perçoit Emmanuel Macron et le gouvernement. L'avocat et essayiste était l’invité de “Bercoff dans tous ses états" pour son livre Luttes aux éditions Michel Lafon.

Juan Branco
Juan Branco, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états” sur Sud Radio.

Juan Branco avait un avenir tout tracé. Élevé dans les classes aisées, il est biberonné aux grands corps et aux grandes institutions. Il devient avocat. Et un jour, c’est la rupture. Une rupture qui se traduit par une radicalité. Dans ses écrits. Dans ses propos. Et bien sûr dans ses convictions. Celui qui cite Karl Marx en exergue de son dernier ouvrage, n’y va pas de main morte depuis quelques années dans la critique du pouvoir en place.

Pour Juan Branco, les gouvernants sont dans l'impasse

"Nos gouvernants sont dans une impasse. L’État se transforme une nouvelle fois en monstre froid. Lorsque l’on a le président de la France, dont le seul intérêt devrait être, non pas de gagner de nouveaux followers sur les réseaux sociaux, mais de veiller à nos intérêts, qui hystérise, cherche les caméras, l’image, la lumière dans un intérêt probablement électoral, et probablement est un euphémisme, on se retrouve dans une situation où on s’interroge sur le pourquoi et le comment. Le système consomme énormément d’énergie pour essayer de nous attirer, de nous distraire, de nous intéresser avec toujours moins de réussite" explique Juan Branco sur Sud Radio.

Pour ce dernier, l’élection présidentielle est assez révélatrice dans ce sens. "Les Français sont complètement indifférents aux enjeux qui sont supposément présentés à celle-ci. Et cela pour une raison très simple : ils ont compris que ces pseudo-dirigeants n’avaient que leurs intérêts en tête et non pas le leur. Ces gens veulent se donner aux plus puissants et non pas faire de la France une puissance qui permettrait d’avoir l’impact qu’elle a eu sur l’Histoire" ajoute-t-il.

Juan Branco : "Ces gens-là n'ont aucun rapport au monde réel"

Dans son dernier ouvrage, Luttes, publié aux éditions Michel Lafon, Juan Branco explique comment une personne si jeune, élevée sous les ors de la République, s’est finalement détachée progressivement de ce système, creux. Lui, bien évidemment. "Quand vous avez 24 ans et que vous découvrez cela, si vous suivez ce chemin, c’est que vous êtes déjà avarié" lance froidement l’avocat et essayiste au micro d’André Bercoff. Un ouvrage qui résume un parcours bien atypique finalement.

L’essayiste reste toujours très critique vis-à-vis du représentant principal du pouvoir en place, Emmanuel Macron. "Vous devenez un monstre froid, qui a une maîtrise apparente de 40.000 dossiers, comme Emmanuel Macron. Il est capable d’écrire des dissertations sur le nucléaire et l’agriculture en Corrèze. Mais il ne sait pas de quoi il parle. Ces gens-là n’ont aucun rapport au réel. Leur rapport au monde est très distancé. A force de mépris et de distanciation par rapport au peuple, ils se montrent incapables d’apporter quoi que ce soit" estime encore Juan Branco.

Une violence gratuite

Quand un État est incapable, il devient violent, professe l’avocat. Juan Branco s’est beaucoup investi auprès des Gilets jaunes. Il a également suivi le convoi de la liberté. Il s'agit d'une manifestation contre les restrictions de liberté, durant la crise sanitaire, partie du Canada. Ce mouvement social a fait des émules en France et dans toute l’Europe. "J’ai eu la chance et l’honneur d’être à leurs côtés et de voir la violence policière s’abattre dans la démesure et de façon plus considérable que pendant les Gilets jaunes. C’est de la gratuité pure, du fascisme" déplore-t-il.

"Le manque de légitimité crée une disposition à la brutalité et à la violence qui n’est pas contrebalancée par l’État. Les Gilets jaunes ont ouvert le bal. Mais la suite a été encore plus inquiétante. Le diable se diffuse et l’acceptation du niveau de contrainte toujours supérieur, est un facteur sur lequel s’appuie le pouvoir" conclut celui qui dénonce aujourd’hui, le décrochage et le décalage entre des gouvernants et un peuple.

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Retrouvez “Le face à face” d’André Bercoff chaque jour à 12h dans Bercoff dans tous ses états Sud Radio.