Jordan Bardella: "Nathalie Loiseau, bonne VRP de l'Europe qui ne fonctionne pas"

Italie, Autriche, Hongrie... Le contexte européen actuel devrait permettre de transformer l'Union européenne en "alliance des nations", sans pour autant parler de Frexit, selon Jordan Bardella. Invité du "petit déjeuner politique", la tête de liste du Rassemblement national aux élections européennes met aussi en avant l'immigration comme enjeu de cette campagne.

Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, s'apprête à prendre la tête de liste de la République en marche pour ces élections européennes. Pas de quoi inquiéter Jordan Bardella:


"C'est surtout une technocrate, qui n'a pas croisé un électeur depuis pas mal de temps. Elle est la bonne VRP de cette union européenne qui ne fonctionne pas. Quel est son bilan sur les travailleurs détachés, à l'heure où nous en avons 500.000? On sait faire des directives, mais on attend les résultats concrets. Quid de ses résultats sur les migrants? Elle veut remettre cette question aux mains de l'union européenne, avec le système des quotas soutenu aussi par Les Républicains. J'ai vu qu'elle avait en numéro 2 Pascal Canfin, qui a refusé de monter dans un avion en 2013, par solidarité avec un Malien condamné pour viol, et qui allait être expulsé."

Il le souligne, le parti présidentiel siège dans le groupe des libéraux européens:

"L'ALDE, financée par Google, Bayer Monsanto, Uber... Quand on pense qu'ils prétendent défendre les intérets de la France à Bruxelles, y a de quoi s'inquiéter."

"Une Europe des projets comme Airbus, pas des accords économiques et migratoires"

"On veut rétablir des frontières, comme 95% des pays du monde, on défend les idées qui marchent partout dans le monde", avance la tête de liste RN.

"La Chine, les Etats-Unis, l'Italie font du protectionnisme. Quand vous rentrez chez vous le soir; vous avez une porte que vous pouvez ouvrir ou fermer. On défend une Europe des protections, des nations. On doit pouvoir décider de notre budget, de nos accords économiques."

Jordan Bardella, 23 ans, qui a toujours connu l'Union européenne:

"C'est parce-que je suis né avec cette Europe du chômage de masse, de l'immigration clandestine, du terrorisme, que j'y suis opposé. L'Europe est une réalité civilisationnelle, l'Europe a inventé les nations. Prenons ce qui marche dans l'économie française, l'aéronautique: Airbus, comme Ariane, c'est le fruit d'une Europe des projets, des nations. C'est des nations européennes qui se sont mis autour de la table pour décider de projets qui fonctionnent, mais on ne peut pas laisser notre budget, nos accords économiques, politique migratoire migratoires être décidés à Bruxelles."

"Ça nous arrange d'avoir des alliés au pouvoir"

Pour la tête de liste RN, la perspective du Brexit n'a pas produit de mauvais résultats, bien au contraire, pour le moment:

"En économie il y a des effets d'anticipation, et pour le moment l'économie britannique se porte très bien. Les salaires ont augmenté, le chômage n'a jamais été aussi bas depuis 45 ans. Pourtant on se rappelle des propos de Donald Trump, pour qui la sortie devait être la plus douloureuse possible."

Le contexte européen rend aujourd'hui possible un changement de l'Europe, sans pour autant prôner une sortie de l'Union, avance Jordan Bardella:

"Il y a deux ans, on n'avait pas d'autre choix que de prôner la sortie de l'Union européenne si on ne voulait pas se soumettre à la réglementation européenne. Aujourd'hui les souverainistes sont au pouvoir en Italie, en Autriche, dans beaucoup de pays d'Europe de l'est. Evidemment que ça nous arrange d'avoir des alliées au pouvoir, c'est une chance historique de transformer l'union européenne en alliance des nations."

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