Jean-François Cesarini : "Je n'ai pas envie que notre majorité devienne un système"

Jean-François Césarini, député LREM du Vaucluse, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 7 novembre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Jean-François Cesarini, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 7 novembre à 7h40.

Jean-François Césarini : "le terme quota est très connoté sarkosyste"

A-t-on le droit de ne pas être d'accord avec la majorité et le gouvernement à La République en Marche ? interroge Patrick Roger. Face aux mesures sur l'immigration, Jean-François Césarini, député LREM du Vaucluse, n'a pas été convaincu par Édouard Philippe, qui parle de juste équilibre sur l'immigration. "Il y a des choses qui sont très intéressantes dans les 20 propositions qui ont été annoncées nuance Jean-François Césarini, et à la fois des choses qui nous semblent plus illusoires et qui ne vont pas changer grand chose dans les faits.

 

Nous, l'aile sociale de la majorité, on est assez content qu'on parle enfin de l'immigration économique. Pour une fois, on arrive à expliquer que l'immigration peut être positive pour le pays : les gens qui viennent sont du talent, de la main d'oeuvre, des gens qui vont cotiser pour nos retraites. Par contre, sur la notion de quotas chiffrés, à la fois sur la forme, avec un terme quota qui est très connoté sarkosyste, et à la fois sur le fond, ça ne changera rien actuellement. C'est très compliqué de quantifier les métiers à un an d'avance".

 

"Si on écoutait plus la diversité de la majorité, on éviterait certaines crises"

Sur l'aide médicale, il y a des projets d'amendements. "Sur le volet santé, on pense que dans les faits ça ne changera rien, c'est plutôt de l'affichage électoraliste ; il y a deux amendements du gouvernement qui ont été déposés lundi confirme Jean-François Césarini, qui seront débattus ce jeudi 7 novembre. Je voterai contre ces deux amendements-là et je ne serai pas le seul à le faire, on sera au moins une quinzaine affirme-t-il". Comment réagit la majorité ? "Depuis le début, notre parcours de députés en Marche est assez étonnant : pendant un an on nous a tapé dessus en nous reprochant d'être des suiveurs, et dès qu'on dit ce que je viens de dire, on devient des frondeurs incroyables et on fracture la majorité.

Cette majorité a toujours été plurielle, la force est qu'on est très diverses dans cette majorité. Je pense que c'est mieux pour les Français et pour le pays qu'il y ait un débat interne dans cette majorité. C'est par pour ça qu'il y a des tensions ni que c'est fracturé estime-t-il. C'était vrai aussi sur la baisse des APL ou la hausse de la CSG sur les retraites et la loi anti-casseurs. Si on écoutait plus la diversité de la majorité, on éviterait certaines crises".

 

"Je ne me considère pas comme godillot ni frondeur"

Jean-François Césarini va-t-il créer un groupe de frondeurs ? "L'idée aujourd'hui n'est pas de fracturer la majorité répond-il, je ne me considère pas comme godillot [qui vote sans discuter, ndlr] ni frondeur. On est arrivé au pouvoir avec Emmanuel Macron, parce qu'il représentait un symbole d'anti-système. Je n'ai pas envie de me retrouver dans une majorité qui devient le système, on est plus des puristes que des frondeurs !"

La politique de Macron est-elle trop à droite ? "Il y a des mesures sur lesquelles on peut s'opposer, comme sur la suppression de l'ISF : on peut refaire un ISF, pas le même qu'avant. Il y a des choses à corriger, je pense qu'il y a un peu des deux [politiques de droite et de gauche], mais attention à ne pas être trop libéral et de penser aussi qu'il faut protéger".

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