Le secrétaire général de Force Ouvrière a défendu la position de son syndicat de ne pas donner de consigne de vote pour le 2e tour de l'élection présidentielle, mais a rappelé avoir "toujours été opposé à l'extrême-droite".

1er mai en ordre dispersé pour les électeurs du Front national. Divisé sur l'idée de faire du traditionnel défilé de cette année une manifestation contre le Front national et Marine Le Pen, les syndicats ne marcheront pas ensemble.

Invité politique de Christophe Bordet sur Sud Radio, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, a défendu la position de son syndicat de ne pas appeler à voter contre le Front national.

"Nous ne donnons jamais de consigne de vote à l'occasion d'élections politiques, c’est une règle pour FO et notre conception de l’indépendance, a-t-il expliqué. Donc pas de consigne de vote formelle, ni en pour ni en contre, mais nous rappelons nos positions, que nous avons toujours été opposés à l’extrême-droite. On a toujours rejeté ces idées, que ce soit la préférence nationale, la sortie de l'Europe, la sortie de l'Euro. Ce sont des positions qu'on rejettera toujours. Mais nous ne sommes pas des directeurs de conscience. C'était pareil en 2002. Nous avions défilé, mais nous n'avions pas donné de consigne de vote."

 

 

Interrogé sur la forte proportion de sympathisants syndicaux, notamment chez FO, qui votent pour le Front national, Jean-Claude Mailly a rejeté la faute sur les politiques menées depuis plusieurs années dans le pays : "Qui est responsable de cette situation ? Nous disons que ce sont les politiques suivies, sur les questions de chômage, de pouvoir d’achat. Ceux qui gouvernent le savent aussi bien. Pourquoi n’ont-ils pas modifié leurs politiques économiques ? Elle est là la responsabilité."

 

 

Une responsabilité politique qui touche, selon lui, tant François Hollande que son prédécesseur, mais également Emmanuel Macron. "Tous ceux qui ont dirigé le pays, président et gouvernement, ont une part de responsabilité", a lancé Jean-Claude Mailly.

Interrogé sur l'épisode Whirlpool à Amiens, la semaine dernière, qui a véritablement donné le coup d'envoi de la campagne d'entre-deux tours, Jean-Claude Mailly a loué le respect, d'Emmanuel Macron, de la démocratie représentative, lui qui "a rencontré d'abord les organisations syndicales". À l'inverse, il a jugé que Marine Le Pen était "allée faire un coup de com' ".

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