Jean-Christophe Lagarde: "l'Europe peut mourir"

Les élections européennes de 2024 pourraient-elles ne jamais avoir lieu? C'est un risque, si l'Union européenne se se réoriente pas sur des sujets essentiels selon Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI, député de Seine-Saint-Denis et candidat aux européennes. Invité politique du grand matin Sud Radio, il évoque aussi notamment le nouveau visage de l'antisémitisme après les injures proférées ce week-end, à l'encontre d'Alain Finkielkraut.

L'antisionisme comme prétexte à l'antisémitisme

L'antisémitisme, un mal pluriséculaire, et qui traduit une forme de "maladie de la société", selon Jean-Christophe Lagarde. Selon lui cette haine des juifs se dote d'un nouveau visage pour avancer masquée.

"Ce qui est nouveau, c'est que cet antisémitisme, pour se donner un semblant de respectabilité, assimile un juif à un supporter d’Israël, le ramène au conflit israëlo-palestinien. Ils se donnent bonne conscience comme ça, mais ça ne veut pas dire que c'est plus acceptable".

"L'arabe d'ici et le juif d'ici n'y sont pour rien ! "

Selon lui ce conflit israëlo-palestinien a trop été instrumentalisé dans la vie politique française:

"ça a souvent été le fait des partis de gauche: pour expliquer aux jeunes des banlieues que eux étaient les gentils et qu'il y'avait des méchants ailleurs, expliquer que eux étaient anti-israëliens et pro-palestiniens. Moi je préfère la position de la France, respectée par tous les présidents de la république: le droit à deux Etats vivant en sécurité l'un avec l'autres. Mais ça ne dépendra pas de vous, pas de moi, pas du président français. Et encore moins du fait qu'on monte, en France, des arabes contre des juifs. Parce-que l'arabe d'ici et le juif d'ici n'y sont pour rien !"

"Marine Le Pen passe son temps à essayer de trouver des boucs émissaire"

Le président de l'UDI, qui appelle à défiler avec tous les partis politiques ce mardi, contre l'antisémitisme. Tous? Pas complètement... Le Rassemblement national n'en sera pas, faute d'avoir été convié. Et il n'est pas légitime à s'en offusquer selon Jean-Christophe Legarde:

"Je ne suis pas persuadé que Madame Le Pen soit la mieux placée pour brandir le drapeau de la république, des valeurs démocrates. Elle passe son temps à essayer de montrer des boucs émissaires. Ce ne sont pas les mêmes: elle ne parle pas des juifs, son père en a peut-être trop parlé. Elle parle des musulmans, des arabes, des étrangers... Elle trouve toujours des coupables à nos maux."

"Les shows télé" du président Macron

Jean-Christophe Lagarde dénonce une campagne de la République en Marche, au prétexte du grand débat, à trois mois des élections européennes.

"C'est au CSA de faire son boulot. Si le président de la république a des dizaines d'heures de direct pour lui seul, pour exprimer sa politique, il faut bien que ses oppositions et les autres listes puissent s'exprimer."

 

L'Europe devrait s'occuper de Trump et des Chinois plutôt que des bulbes de tulipes

L'Union européenne, pour continuer à exister, devrait revoir ses priorités, selon le président de l'UDI.

"Je ne suis pas sûr qu'il y ait une élection européenne dans cinq ans. L'Europe, telle qu'elle dysfonctionne, peu mourir actuellement, contrairement à ce que tout le monde pense. Parce qu'elle ne remplit pas ses fonctions essentielles, et se concentre en permanence  sur des choses accessoires. Monsieur Juncker, président de la commission européenne, s'occupe de l'heure d'été, comme si on avait besoin de l'Europe pour s'occuper de ça! L'Europe ferait mieux de s'occuper de Monsieur Trump, et de nous défendre contre les pressions et les guerres commerciales qu'il nous livre.  Elle ferait mieux de s'occuper des Chinois, qui peuvent tout acheter en Europe, alors qu'on ne peut pas acheter des sociétés chinoises à plus de 49% !  Elle ferait mieux de s'occuper de protéger nos frontières, alors que les nationalistes refusent qu'elle s'en occupe: quand on veut arrêter l'immigration, le mieux c'est d'avoir une police de l'air, des frontières et des garde-côte européens. Elle ferait mieux de s'occuper d'avoir une grande stratégie énergétique, alors que bous sommes un continent très dépendant. Je veux qu"'on recentre l'Europe sur des sujets essentiels, où nos pays n'ont pas la taille pour faire seul. Et que, pour le reste, elle nous lâche la grappe. Qu'elle ne soit pas là pour calibrer la taille des bulbes de tulipe, l'heure d'été..." 

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