Jean-Baptiste Lemoyne: Brexit, "il faut pas que l'Europe soit prise en otage"

Accorder un nouveau délai aux Britanniques le temps de trouver un accord de sortie de l'Union européenne? Cela ne va pas de soi, répond le secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Europe et des Affaires Etrangères. Invité du "petit déjeuner politique", Jean-Baptiste Lemoyne estime que le Royaume-Uni doit afficher une stratégie claire, sans parasiter les élections européennes auxquelles il serait amené à participer en cas de report du Brexit.

"Entre le gilet jaune du 17 novembre et celui d'aujourd'hui : il y a de nombreuses différences"

Jean Baptiste Lemoyne estime avoir entendu l'exaspération et le ras le bol fiscal des premiers. "Nous avons déjà baissé les impôts et nous continuerons. Les 10 milliards annoncés en décembre ont dopé la croissance, ce fut un carburant de pouvoir d'achat".

Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et européennes en appelle désormais à l'arrêt du mouvement:

"Nous avons entendu l'expression du 17 novembre. Mais les images de violence des dernières semaines ont fait le tour du monde... Il va falloir désormais montrer des images positives : je lance un appel à la responsabilité!"

Un report du Brexit "ne va pas de soi"

"Le Brexit est un feuilleton", ironise Jean Baptiste Lemoyne.  "Les britanniques ont fait un choix, au terme d'une campagne où les populistes ont semé des idées fausses. La discorde règne maintenant au sein du Parlement britannique. Le Royaume-Uni est profondément divisé." Alors que Theresa May se déplace à Paris et Berlin pour obtenir un report du Brexit, la France exige "des éléments de stratégie et d'éclaircissement."

"Si d'aventure il devait y avoir un report du Brexit, les britanniques seraient amenés peut-être à prendre part aux élections européennes ! Se faire balader de semaines en semaines n'est pas satisfaisant, nous avons besoin d'un plan clair! Il ne faut pas que l'Europe soit prise en otage. Les britanniques ont fait un choix, mais les autres peuples ont un choix démocratique à faire, ils doivent se choisir des députés européens pour écrire une nouvelle page de leur histoire: comment peser dans un monde sous tension, avec les puissances chinoises et américaines? On doit penser de nouvelles politiques, sur le commerce ou la concurrence. On ne peut pas être matin, midi, et soir, obsédés par le Brexit."

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