Jadot : "Mélenchon se prend pour Jean Jaurès, mais Jaurès doit hurler dans sa tombe !"

Yannick Jadot, député européen EELV et candidat à l'élection présidentielle, était l'invité du “petit déjeuner de la présidentielle” sur Sud Radio.

Jadot
Yannick Jadot, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 7 mars, dans "le petit déjeuner politique".

Guerre en Ukraine, souveraineté énergétique, exclusion de Sandrine Rousseau, campagne électorale : Yannick Jadot a répondu aux questions de Patrick Roger.

Yannick Jadot : "Jean-Luc Mélenchon se prend pour Jean Jaurès, qui doit hurler dans sa tombe !"

Lors de son discours de campagne dimanche 6 mars, Jean-Luc Mélenchon a revendiqué un certain pacifisme concernant la guerre en Ukraine. "Il se prend maintenant pour Jean Jaurès !, déplore Yannick Jadot. Jean Jaurès doit hurler dans sa tombe ! Être associé à quelqu'un qui a toujours considéré que l'Ukraine devait disparaître au profit de la Russie. Vous imaginez Jean Jaurès défendre les bombardements des populations civiles en Syrie ? Vous imaginez Jean Jaurès défendre l'assassinat des opposants politiques en Russie ? Vous imaginez Jean Jaurès défendre des crimes de guerre ?"

Yannick Jadot reproche à Jean-Luc Mélenchon de "faire un immense écran de fumée en parlant de paix quand il s'agit d'abord de refuser des sanctions massives contre Vladimir Poutine, de refuser d'armer la résistance ukrainienne. Tous ces grands discours sur la paix en citant le grand Jaurès masquent ses complaisances et sa capitulation face à la dictature de Vladimir Poutine". "Il ne s'agit pas de faire des discours grandiloquents pour masquer l'abandon des Ukrainiens à la Russie", insiste le député. Jean-Luc Mélenchon dénonce une Europe belligérante. "Les femmes et les hommes qui défendent leur liberté, leur maison, la démocratie deviennent des belligérants au même titre que Vladimir Poutine qui fait des crimes de guerre ? On est où ? C'est indécent !", estime Yannick Jadot.

 

"Les couloirs humanitaires sont profondément scandaleux car ils ne mènent qu'en Russie et en Biélorussie"

Vladimir Poutine ne semble rien lâcher concernant la situation en Ukraine. Il a assuré être déterminé à atteindre son but soit par la négociation, soit par la guerre. "Il faut continuer à infliger des sanctions massives à Vladimir Poutine et à son oligarchie, affirme Yannick Jadot. Montrer que l'Union européenne avec ses alliés est extrêmement ferme, continuer à soutenir la résistance ukrainienne héroïque et inattendue. Il faut se donner les moyens d'imposer un cessez le feu puis le retrait des chars russes. On voit la situation empirer dramatiquement. Le président russe ne fait plus la guerre à l'armée ukrainienne mais à la population civile, avec des crimes de guerre documentés", déplore Yannick Jadot. Il prend pour exemple "les bombardements sur des hôpitaux, sur des infrastructures publiques, sur des immeubles, des centrales nucléaires. On est au-delà de toute règle en matière de conflit".

Des couloirs humanitaires sont mis en place depuis 8h lundi 7 mars au matin. Pour Yannick Jadot, "ces couloirs sont profondément scandaleux car ils ne mènent qu'en Russie et en Biélorussie". Il rappelle ce qu'est pour lui ce conflit. "Le seul sujet de Poutine depuis 20 ans est de combattre la démocratie dans son pays et à ses frontières. C'est un conflit qui nous concerne toutes et tous, sur tout ce qu'on essaie d'incarner comme modèle de société fondée sur la liberté et la démocratie". "C'est une guerre menée par Vladimir Poutine contre un peuple qui ne l'a jamais provoqué, qui aspire simplement à vivre libre dans un pays libre". Pour Yannick Jadot, "si Vladimir Poutine continue, y compris les victimes de guerre, il faut envisager la question de l'embargo en protégeant les secteurs économiques et les consommateurs qu'il pourrait toucher".

 

 

 

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