Jacques Mézard : "Les collectivités n’ont pas besoin d’un nouveau big bang"

Le ministre de la Cohésion des territoires était l’invité ce jeudi de Territoires d'Infos, la matinale de Sud Radio et Public Sénat présentée par Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale. Selon lui, la baisse du nombre d’élus locaux ne révolutionnera pas les collectivités territoriales.

"L’évolution, c’est les communes nouvelles et la possibilité d’avoir un peu moins de conseillers dans certains conseils municipaux". Sur le plateau de Territoires d'Infos, la matinale de Sud Radio et Public Sénat présentée par Cyril Viguier avec la presse quotidienne régionale, Jacques Mézard a évoqué la récente piste de réforme territoriale lancée par Emmanuel Macron, impliquant notamment une baisse du nombre d’élus locaux en France. "Je ne crois pas que ce soit une mesure qui révolutionnera le système des collectivités, qui n’ont pas besoin d’un nouveau big bang", a-t-il toutefois tempéré, alors que l’inquiétude monte parmi certains élus.

Pas de suppression des départements en vue

Face à la possibilité de voir de "grosses" collectivités se former mécaniquement, le ministre de la Cohésion des territoires veut jouer l’apaisement. "La Constitution prévoit qu’il n’y ait pas de tutelle d’une collectivité sur une autre. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème. On a créé de très très grandes régions – je les avais combattues – avec de plus en plus de compétences. Il y a donc un équilibre à trouver entre elles, les nouvelles métropoles, etc.", a-t-il déclaré, avant de clarifier la position gouvernementale vis-à-vis des départements. "Il n’est pas dans nos intentions de remettre en cause l’échelon départemental, sauf si des départements décident librement de vouloir fusionner. Quelques projets sont étudiés actuellement", assure-t-il.

La taxe d’habitation définitivement enterrée d’ici cinq ans ?

En ce qui concerne le débat actuel sur le financement des collectivités et notamment des communes, avec la suppression programmée de la taxe d’habitation pour près de 80% des Français, Jacques Mézard a indiqué que le gouvernement souhaitait à terme aller plus loin. "Cette taxe, tout le monde reconnaît qu’elle est injuste territorialement et socialement. Le président de la République a dit que l’objectif était d’aller vers sa suppression. Pendant trois ans, nous exonérerons le système pour 80% des Français, mais ce n’est qu’un début", a-t-il lancé, tout en jugeant "raisonnable" l’objectif de supprimer totalement la taxe d’habitation d’ici la fin du quinquennat actuel.

Autre sujet brûlant pour de nombreux élus locaux, la couverture de tout le territoire français par le très haut débit d’ici 2020, comme promis par l’exécutif. Sur ce point, le ministre compte bien mettre à contribution les opérateurs mobiles. "Le président a dit qu’on ne pourra pas mettre la fibre dans chaque maison française dans ce délai, nous allons donc utiliser la téléphonie mobile et la 4G pour y arriver. J’ai vu les opérateurs récemment. L’État n’est pas désarmé dans ces discussions, et mettra les mains à la poche en fonction de ce qu’il en sort", a-t-il affirmé en évoquant un investissement étatique de "quelques milliards". 

"De Villiers n’est pas ministre des armées"

Ancien ministre de l’Agriculture lors du premier gouvernement d’Édouard Philippe, Jacques Mézard a également eu un mot pour les agriculteurs français, alors que s’ouvrent cette semaine les États généraux de l’alimentation. "L’objectif principal sera d’avancer sur le dossier du prix payé aux agriculteurs, car ils ne peuvent pas continuer à vendre moins cher que ce que cela leur coûte. C’est un problème crucial. Le deuxième objectif sera de s’adresser au consommateur et de faire des progrès au niveau de l’alimentation, puisqu’on sait que les habitudes alimentaires des Français entraînent des coûts considérables sur le budget de la Sécurité sociale", indique-t-il.

Enfin, ce soutien de la première heure d’Emmanuel Macron a tenu à soutenir le chef de l’État, très critiqué suite à la démission du général de Villiers avec qui il s’était accroché. "Il faut revenir aux fondamentaux. Qui doit discuter le budget avec Bercy ? Le ministre des armées. Le général de Villiers a été un excellent chef d’état-major, comme l’immense majorité de nos cadres militaires, mais il n’est pas ministre des armées. En disant ce qu’il a dit, de la manière dont il l’a dit, il pouvait bien se douter que le huis clos ne durerait pas plus de quelques secondes. Chacun doit rester à sa place. La discussion du budget est d’ailleurs toujours en cours. Il était possible qu’il intervienne directement auprès du chef des armées, Emmanuel Macron, pour faire avancer les choses. La méthode n’a pas été la plus opportune", a-t-il regretté.

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