L'économiste et écrivain Jacques Attali a regretté que les primaires qui s'annoncent, tant à droite qu'à gauche, soient simplement des "primaires de candidats" et que les programmes, les projets et les visions à long terme pour le pays n'aient pas plus d'importance.
Invité de l'émission Territoires d'Infos, sur Sud Radio et Public Sénat, Jacques Attali a exprimé son sentiment sur le livre Un président ne devrait pas dire ça... (Stock), paru la semaine dernière."Je suppose qu'il a eu l'idée assez intéressante de se faire accompagner de journalistes auxquels il ferait des commentaires, a expliqué l'économiste et écrivain, proche notamment de François Mitterrand. Je pense que s'il y a une seule erreur, ce n'est pas le livre, c'est de ne pas l'avoir exigé. Les journalistes disent qu'il avait donné son accord pour ne pas relire, ça me paraît très imprudent."Interrogé sur l'approche de l'élection présidentielle, dans six mois, Jacques Attali a regretté que les primaires, tant à droite qu'à gauche, soient simplement des "primaires de candidats"."Leurs programmes sont décevants, a-t-il ajouté. Je souhaiterais que les uns et les autres accouchent d'un projet. Il y a des lambeaux de programmes, mais pas de vision des grands enjeux. Un président est là pour inscrire le pays dans l'histoire. Je pense que c'est de ça qu'ont besoin les Français aujourd'hui."Estimant que "les idées de gauche sont majoritaires en France aujourd'hui", Jacques Attali a appelé à se concentrer notamment sur l'éducation et l'école maternelle : "On ne consacre pas assez d'argent aux écoles maternelles dans les quartiers difficiles, c'est la clé. On ne laisse pas assez d'autonomie aux directeurs des écoles, qui doivent pouvoir licencier leurs maîtres. Les enseignants sont curieusement mal payées si on compare."
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