Jacline Mouraud: "Emmanuel Macron doit dissoudre l'Assemblée nationale"

Il faudrait des mesures très fortes pour envisager une sortie de crise, selon la présidente du parti "Les émergents" et ancienne figure des Gilets Jaunes. Invitée du "petit déjeuner politique", Jacline Mouraud estime que le mouvement des gilets jaunes a atteint un point de non-retour, notamment chez les plus radicalisés.

Le Premier-ministre Edouard Philippe doit faire la synthèse du grand débat ce lundi après-midi au Grand palais. Un rendez-vous auquel n'a pas été invitée Jacline Mouraud. "J'ai sollicité, mais j'ai eu des réponses de personne." Pour autant elle attend des mesures fortes, sans lesquelles "on court à la catastrophe. Mais à mon avis, ça ne s'arrêtera plus. ça dure depuis trop longtemps notamment chez les gilets jaunes les plus radicaux. Beaucoup me disent qu'ils ne s'arrêteront pas, même s'il [Emmanuel Macron] répondait à ce qu'on demandait."

Cette figure historique des gilets jaunes, rendue célèbre par sa vidéo en novembre, revient sur l'origine de son engagement: "Entre mettre du carburant dans sa voiture, payer nos charges, ça fait au moins de deux ans que je me demande si ça vaut le coup de continuer à travailler."

Jacline Mouraud, qui doit rencontrer la secrétaire d'Etat à la transition écologique Emmanuelle Wargon ce lundi après-midi. "J'attends un échange sincère. J'espère qu'elle pourra me dire qu'on pourra réconcilier tout ce petit monde. Aujourd'hui on tourne en rond, car il aurait fallu répondre dés le 17 novembre."

La fondatrice du parti "Les émergents" n'entend pas se lancer dans les élections européennes: "L'objectif est de créer un programme pour une autre France. Les européennes, c'est prématuré pour un parti naissant."

"J'ai arrêté les rond-points et la rue"

Jacline Mouraud revient aussi sur sa décision de se mettre en retrait des gilets jaunes:

"Je suis contre toutes les violences: que ça soit verbales, ou sur les biens et les personnes. Les gilets jaunes pacifistes sont débordés par les radicaux. Quand je vois passer un 'acte 35' le 14 juillet à Paris, je sais pas si vous imaginez ce que ça va donner?!"

"Les gilets jaunes pacifistes, ceux du 17 novembre, sont retournés chez eux, au travail"

"Ceux là, je ne les abandonne pas", promet Jacline Mouraud, à propos des gilets jaunes du début. Elle l'affirme: "Ils veulent une autre forme de contestation, constructive."

Cette figure historique des gilets jaunes se dit aujourd'hui menacée, notamment sur les réseaux sociaux. "On m'a rapporté ce qui se disait sur Twitter, j'ai fait fermer mon compte. Je m'adresse à ceux qui m'insultent. Est-ce que, quand on me dit qu'on va venir me mettre une balle entre les deux yeux, ça va changer quelque-chose à votre vie?!" 

Qulle sortie de crise attend-elle, à défaut d'être optimiste à l'égard de la synthèse à venir du grand débat?

"Il va falloir que M. Macron mette son orgueil dans sa poche et dissolve l'Assemblée nationale. Il faut, au minimum, qu'il mette la proportionnelle et qu'il reconnaisse le vote blanc. Je sais pas s'il prend la mesure de la situation extrême: Depuis le temps que je leur dis que ça va mal se terminer !"

Selon elle il y a urgence à sortir du concret. "Aujourd'hui les gens en ont ras le bol des gilets jaunes, ras le bol du grand débat.... Il faut des mesures urgentes, maintenant. C'est quand même pas compliqué d'écouter, mais pas un seul homme politique ne le fait."

"J'ai toujours voté. Plutôt à droite au début, puis blanc"

Jacline Mouraud explique à propos de sa culture politique personnelle, "Je suis une très grande admiratrice du général de Gaulle."

Ce mouvement qui l'a propulsé sur le devant de la scène a "tout a changé" dans sa vie. "Certaines personnes se sont éloignées de moi." Aujourd'hui, elle ne travaille plus, à cause des menaces. "Je ne peux plus me déplacer pour faire mes séances d'hypnoses". Pour vivre, "j'ai un compagnon très généreux, mais j'ai très peu de besoins."

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