Hervé Morin : « Depuis un an et demi, les contre-pouvoirs sont piétinés »

Hervé Morin, président de la région Normandie, de l'association des régions de France et des Centristes, était l’invité politique de Patrick Roger le 5 février 2019 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

 

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Hervé Morin, ancien ministre, espère que le Conseil constitutionnel censurera la loi anti-casseurs en cours de vote à l’Assemblée nationale, qui pourrait notamment permettre au préfets de prononcer des interdictions de manifester. "Je trouve ce texte ahurissant, explique-t-il. Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse porter l’idée qu’une liberté  fondamentale puisse être atteinte par un rapport de police et une décision administrative d’un préfet. Cette loi sera inscrite dans le marbre de la République, quel que soit le pouvoir en place ! C’est une dérive ahurissante. Je ne peux pas croire un seul instant que le Conseil constitutionnel puisse accepter une telle loi. Quant à elles et ceux qui cassent, il doivent faire l’objet d’une procédure pénale et de poursuites en correctionnelle".

Deux déficits démocratiques majeurs

L’ancien ministre a également réagi à la tentative de perquisition du siège de Médiapart suite à la diffusion, la semaine dernière, d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase, deux anciens "Messieurs sécurité" de la République en marche. "C’est le pompon, s’exclame-t-il. Bien sûr que la presse n’est pas au-dessus des lois, mais on est là aussi dans des procédures qui ne doivent pas exister, contraires aux décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme. La protection des sources fait partie du journalisme. Quand on est en démocratie, on accepte les contre-pouvoirs. Or depuis un an et demi, on a souvent le sentiment que les contre-pouvoirs ont été piétinés".

Pour le président de la région Normandie, "la France souffre de deux déficits démocratiques majeurs. D’abord le Parlement, avec un système où l’Assemblée nationale n’a plus aucune légitimité propre. Les députés sont élus de par le fait qu’un président a été élu un mois avant. L’Assemblée n’est pas en position de jouer un rôle de contre-pouvoir. Le second, ce sont les corps intermédiaires, la décentralisation, un autre moyen de respiration de la démocratie. Tout le pouvoir est concentré entre les mains d’un homme, d’un système, sans qu’il n'y ait de contre-pouvoirs parlementaires, locaux. Et pour couronner le tout, vous avez une campagne électorale deux jours par semaine en prime time sur les chaînes d’information !".

Pour Hervé Morin, "il faudra un geste politique. Si ce n’est pas un changement de gouvernement, c’est le suffrage universel : soit un référendum, soit la dissolution".

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