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Hausse des prix du carburant : les taxis se sentent abandonnés

Par Elliott Léonard

ENTRETIEN SUD RADIO - Depuis le 22 avril, les taxis bénéficient de 50 € d'aide de l'État face à la hausse des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient. Mais avec au moins deux pleins d'essence par semaine, la subvention est dilapidée en moins de 72 heures. Le porte-parole de l'Union nationale des taxis témoigne.

Carburants : « Jusqu’à 700 euros de plus par mois », l’équation impossible des taxis

Pour les taxis, chaque plein d'essence dépasse désormais les 50 € supplémentaires. Pour eux, l'incidence de la crise au Moyen-Orient est colossale. Malgré une aide de 50 euros par mois depuis le 22 avril et ce, durant 3 mois, Stéphane Abeilhou, porte-parole de l'Union nationale des taxis, ne s'en sort plus, et se fait le porte-parole d'une corporation en souffrance.

« Nous ne comprenons pas l'attitude du gouvernement »

Avec 40 ans de métier, Stéphane Abeilhou se sent « oublié ». Il dénonce : « Nous sommes oubliés, délaissés, abandonnés. Nous ne comprenons pas l'attitude du gouvernement vis-à-vis de cette profession, qui est pourtant un acteur historique du transport de personnes en France. »

Cet abandon ne serait pas un hasard. Pour lui, c'est une bonne occasion pour « favoriser certains intérêts internationaux, comme les plateformes de mise en relation », faisant sûrement référence à Uber ou Bolt.

Une différence mensuelle d'au moins 600 euros !

« Elle impacte directement les revenus. Un taxi effectue en moyenne entre deux et trois pleins de carburant par semaine. Si vous faites un calcul rapide, cela représente environ 50 euros de plus par plein. Je vous laisse imaginer l'impact sur un mois. », déplore-t-il. Le calcul est simple : sur le mois d'avril, la différence est d'au minimum 600 euros.

Stéphane Abeilhou poursuit : « Malheureusement, nous sommes une profession réglementée, ce qui signifie que nous n'avons aucun levier pour augmenter nos tarifs kilométriques. C'est donc doublement pénalisant pour nous », contrairement aux VTC qui n'ont pas de réglementations claires sur le prix des courses.

« Nous ne sommes ni des mendiants ni des clochards »

« Nos fédérations se sont battues et ont obtenu, difficilement, une aide de 50 euros par mois, à condition de remplir de nombreux formulaires administratifs. », poursuit le porte-parole. Mais pour lui, cette aide, accompagnée de longues démarches, « s'apparente à de la mendicité ». Il déclare vivre cette situation « comme un affront ». Pour certains de ses collègues, la vision est encore plus virulente. Ils la voient comme un crachat « à la figure ».

Le comble pour Stéphane Abeilhou semble se trouver sur le plan comptable : « Ces 50 euros doivent être intégrés dans nos bénéfices. » Encore une fois, il exprime son désarroi : « Cela revient donc à dire que l'on se moque de vous. » La solution réside donc dans une « révision de cette aide » jugée « largement insuffisante » au vu de la complexité de la situation.

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