Guillaume Garot demande "une remise en cause" de la politique fiscale de Macron

Guillaume Garot, député PS de Mayenne, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

Emmanuel Macron doit prendre la parole ce mardi matin pour annoncer, notamment, sa réponse au mouvement de contestation des Gilets Jaunes. Alors que de nombreuses voix se font entendre pour demander un moratoire sur la hausse de la fiscalité sur les carburants, l'intervention du président de la République est particulièrement attendue.

Guillaume Garot, député PS de Mayenne et invité politique du Grand Matin Sud Radio, a également lancé un appel à Emmanuel Macron pour qu'il réoriente sa politique fiscale, qu'il considère "profondément injuste".

Avec la suppression de l'ISF, on demande à tous les Français de payer les largesses d'une petite minorité

"L'attente est sur les réponses à la crise que connaît le pays, à travers le mouvement des Gilets Jaunes. En Mayenne, c'est un mouvement disparate, avec des revendications parfois contradictoires, mais il y a un point commun, c'est le sentiment d'injustice profond vis-à-vis de la politique menée."

 

 

Pour le député PS, proche de Ségolène Royal, cette injustice s'illustre particulièrement à travers la suppression de l'ISF, "un chèque magnifique de 4,5 milliards d'euros fait aux plus riches des Français". Et aujourd'hui, ajoute-t-il, "l'augmentation prévue de ces taxes sur les carburants, c'est à peu près ces 4,5 milliards. On demande à tous les Français de payer les largesses d'une petite minorité".

Emmanuel Macron nous a habitué à des petites phrases qui ont profondément choqué les Français. Il faut du respect et de la considération

Alors "pourquoi ne pas rétablir l'ISF ?", interroge Guillaume Garot, qui attend d'Emmanuel Macron "une réorientation profonde de sa politique, en particulier sur la fiscalité, et surtout du respect, de la considération pour les Français. Il nous a habitué à des petites phrases qui ont profondément choqué les Français. Il faut changer la façon de faire et l'orientation générale."

Le député PS, qui faisait partie des rares à avoir voté la confiance au gouvernement en 2017 confesse, 18 mois après, qu'il ne recommencerait pas : "Il n'y a pas d'efficacité économique et, surtout, il n'y a pas de justice sociale. C'est ma grande déception."

Ségolène Royal : "Une femme d'État qui a cette capacité à fédérer"

Interrogé sur les élections européennes, l'an prochain, Guillaume Garot regrette l'éclatement de la gauche qui se profile, meilleur chemin vers la défaite : "Si c'est la gauche façon puzzle, ça n'ira pas loin. C'est désespérant, mais il faut travailler pour qu'on puisse rassemblement des hommes et des femmes de parcours différents, mais qui ont en commun une certaine idée de l'Europe parce qu'il faut défendre l'Europe et qui mènent des combats contre le réchauffement climatique, pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Je dis aux uns et aux autres, à toutes les composantes de la gauche, aujourd'hui, rassemblons-nous."

 

Un rassemblement qui pourrait être porté par Ségolène Royal ? Guillaume Garot le souhaite : "C'est elle qui rendra sa réponse au mois de janvier prochain. Je crois qu'elle a cette capacité à fédérer, à entraîner autour d'elle. C'est une femme d'État qui a montré sa crédibilité, en particulier sur les enjeux idéologiques. On sait que c'est un combat majeur. on sait aussi son expérience de la chose publique de l'État. On a besoin d'hommes et de femmes comme eux pour sauver l'Europe."

 

Les rubriques Sudradio