Glyphosate : pour José Bové, "les États se sont assis sur leurs citoyens"

José Bové ©IROZ GAIZKA - AFP

José Bové, eurodéputé EELV, était l'invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio.

L'Europe a donc voté ce lundi la prolongation de l'autorisation du glyphosate pour les cinq prochaines années. Une décision qui va à l'encontre de la position française, qui demandait une prolongation de trois ans seulement, le temps de trouver une alternative.

Invité du Grand Journal de 18h sur Sud Radio, José Bové, député européen écologiste, note que l'Europe est allée à l'encontre de la volonté des peuples : "C'est une décision qui va à l'encontre de la volonté des citoyens européens. Deux millions de personnes ont signé une pétition ! Il est évident, et pour une fois, on ne peut pas accuser la Commission, que les États se sont assis sur leurs citoyens."

En cause, notamment, le revirement allemand qui, après s'être abstenu lors du précédent vote, a finalement voté la prolongation de l'autorisation. "Au sein du gouvernement allemand, il n'y avait pas d'unanimité, puisque la ministre de l'Environnement a regretté que l'Allemagne change de position. Il y a une bataille à l'intérieur du gouvernement, sous fond de négociation d'une nouvelle majorité. Sur le glyphosate, les consommateurs et les paysans sont victimes des tractations internes en Allemagne", a dénoncé José Bové.

Selon lui, la France doit désormais impulser un mouvement pour changer les choses à l'échelle nationale, en emmenant les quelques pays qui ont montré qu'ils seraient prêts à la suivre : "En France, que ce soit dans l'espace public ou dans les jardineries, dans les mois qui viennent, tout sera suspendu. Je crois qu'on peut aller plus loin. Demain, on peut décider de l'interdiction de l'utilisation du glyphosate avant la récolte. Je pense que, raisonnablement, on peut arriver à une interdiction à deux ou trois ans sur le territoire français. La France avait, au cours du premier vote, réussi à convaincre un certain nombre de pays de s'abstenir. Là, la France peut, avec ses voisins, la Belgique, le Luxembourg, l'Italie, proposer collectivement de sortir du glyphosate sur une période plus courte."

Écoutez l'interview de José Bové, invité du Grand Journal de 18h au micro de Véronique Jacquier

 

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Del Guerra
- Mardi 28 novembre 2017 à 20:00
Je suis d'accord avec cette analyse...ça doit payer beaucoup pour que les députés européens prennent de telles décisions.

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