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Gérard Longuet : "Il y aura forcément un débat qui n’écarte pas l’implosion"

Par Benjamin Rieth

Le sénateur Les Républicains de la Meuse, Gérard Longuet, était l’invité lundi de Territoires d’infos sur Public Sénat et Sud Radio. Au lendemain du premier tour des élections législatives, il a appelé son parti à se remettre en cause.

Au lendemain du premier tour des élections législatives, marqué par le fort taux d’abstention, Gérard Longuet, sénateur Les Républicains de la Meuse, a pris acte de l’échec des grands partis traditionnels, notamment LR,à "consolider leur électorat". "Je parle pour mon parti : les gens qui sont libéraux et traditionnels ne se sont pas sentis obligés d’aller voter", a expliqué l’ancien ministre. Et pour cause, Les Républicains n’ont recueilli que 21,5 % des voix et peuvent espérer 70 à 130 sièges avec ses alliés de l’UDI. Pour Gérard Longuet, "il y aura forcément un débat qui n’écarte pas l’implosion".

"Le risque, c'est que la parole soit dans la rue"

Mais avant de tout changer, l’élu veut attendre les réformes institutionnelles qui seront proposées par Emmanuel Macron et son gouvernement : "la taille du parlement, le rôle de l’assemblée et du sénat, les effectifs, le mode de scrutin. Nous devons avoir la sagesse d’attendre ces règles du jeu". "Si nous avons des législatives à la proportionnelle, il faut en tirer une organisation différente", a rajouté Gérard Longuet. 

Le sénateur LR de la Meuse a dit se sentir aujourd’hui "tout à fait concerné par une remise cause". "François Fillon a dit quelque chose qui m’a beaucoup touché. Il ne voulait pas que sa génération termine sur cette France qui n’a pas réussi. D’une certaine façon, il faut avoir l’honnêteté de dire qu’on n’a pas tout réussi", a estimé l’ancien ministre de la Défense avant d’ajouter : "Au fond nous avons été trop bons garçons, nous parlementaires, vis-à-vis de nos présidentiables et de nos présidents auxquels nous n’avons pas suffisamment demandé d’être à la hauteur de ce que l’opinion attendait d’eux"

Une opposition parlementaire difficile à constituer

Interrogé sur le taux d’abstention, situé autour de 51,5 %, Gérard Longuet a estimé que c’est le résultat de la lecture "totalement présidentielle" des institutions. "À partir du moment où ils ont choisi le président, ils considèrent que l’affaire est faite et qu’il faut laisser le président présider. Par conséquent, on voit très bien que des électeurs convaincus ne sont pas allés voter", a affirmé l’élu. "Il y a un deuxième ressort : les partis français ne suscitent pas une confiance telle qu’on se dise qu’il faut absolument les défendre parce qu’ils vont apporter la solution. Ni les écolos, la France insoumise, ni les Républicains, n’ont réussi à mobiliser des électeurs sur leurs idées", a-t-il continué accusant son parti d’avoir notamment gommé une partie de son programme. 

Face une majorité présidentielle qui pourrait obtenir plus de 400 sièges à l’Assemblée, former une opposition sera compliquée pour son parti, a confirmé Gérard Longuet. Surtout que plusieurs responsables des Républicains - "les constructifs" -  se disent prêts à voter la confiance au gouvernement. Un mauvais calcul selon le sénateur de la Meuse pour qui Emmanuel Macron "ne s’encombrera pas de négociations ou de discussions avec qui que ce soit". L’élu a donc dit craindre un système "où le pouvoir législatif disparaît" avec des élections locales qui "seront le contre-pouvoir". "Le risque c’est que la parole soit dans la rue", a assuré Gérard Longuet. L’élu a poursuivi : "Les français sont persuadés que le président est en charge de tout, mais c’est normalement le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation, et il est responsable devant le parlement. Jusqu’à présent, l’Assemblée était élue par le peuple. Manifestement elle est nommée par le président aujourd’hui"

"Notre objectif, c’est d’être élu. Et donc d’expliquer très simplement que M. Macron a les moyens de gouverner, il ne faut pas qu’il ait un pouvoir stalinien ou africain", a conclu Gérard Longuet. 

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