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Gérald Darmanin : "Ceux qui donnent des leçons devraient faire leur propre analyse"

Par Benjamin Jeanjean

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin est revenu sur sa prise de distance avec Les Républicains, lui qui a préféré rejoindre le gouvernement façonné par Emmanuel Macron.

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C’est l’une des décisions les plus emblématiques d’Emmanuel Macron, une de celles qui mettent aujourd’hui clairement la droite française dans l’embarras. En nommant Édouard Philippe au poste de Premier ministre et Bruno Le Maire à l’Économie, le président de la République avait déjà donné une inclinaison droitière à la politique économique qu’il entendait mener, et cette inclinaison a été renforcée par la présence au gouvernement de Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Ancien proche de Nicolas Sarkozy, celui qui va devoir quitter son poste de maire de Tourcoing a préféré prendre ses distances avec Les Républicains. Il s’en explique dans un entretien accordé au Monde.

Darmanin et les "trois ruptures" avec Les Républicains

"Il y a eu trois ruptures. D’abord celle de la ligne politique de François Fillon. Son projet fondé sur la rigueur allait à l’inverse de ce que je pensais bon pour mon pays. La droite française n’a jamais été dure avec les faibles. Ensuite, il y a eu le bureau politique de l’entre-deux-tours. J’ai vu des dirigeants LR discuter pendant des heures sur la consigne de vote contre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle ! Certains ont même prôné le vote blanc : je n’ai plus grand-chose à voir avec eux. Enfin, quand le président de la République nomme Édouard Philippe, il réalise un geste institutionnel très fort. Au lieu d’en tenir compte, la droite a préféré l’exclusion et l’anathème. Ceux qui donnent des leçons devraient faire leur propre analyse. Ils auraient pu éviter le désastre : il suffisait de ne pas aller au Trocadéro et de ne pas encourager François Fillon à rester. Ils ont encouragé la machine folle à continuer", a-t-il déclaré.

Darmanin fustige le rapprochement de Wauquiez avec Sens Commun et MMLP

Désormais taxé de traître par certains à droite, Gérald Darmanin assure être cohérent avec lui-même et renvoie la balle dans le camp de ses détracteurs. "Il y a deux poids, deux mesures chez LR. Ceux qui ont choisi d’être ministres d’un chef de gouvernement de droite sont vus comme des traîtres. Mais quand M. Wauquiez annonce un meeting avec Sens commun, quand Marion Maréchal-Le Pen dit qu’elle peut travailler avec lui, quand une partie de la droite dérive vers l’extrême droite, il n’y aurait aucun problème. Moi je reste fidèle à mes convictions. J’ai vécu dans l’héritage de Philippe Séguin, dans un parti gaulliste où il ne peut y avoir aucun rapprochement avec l’extrême droite. M. Wauquiez a manifestement des accointances avec des thèses qui ne sont pas celles du gaullisme et de la démocratie chrétienne", a-t-il lancé.

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