Frédérique Vidal : les examens du BTS maintenus permettent "d’assurer la valeur nationale du diplôme"

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 12 mai 2021 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Frédérique Vidal interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le 12 mai 2021 à 7h40.

Frédérique Vidal : "Les examens se sont bien passés"

Les épreuves du BTS ont commencé malgré l’année à distance et la grogne des étudiants et de leurs familles. "Ce qui est important, c’est de dire que les examens, effectivement, se sont bien passés", souligne Frédérique Vidal. "L’immense majorité des jeunes en BTS étaient dans les lycées qui n’ont pas été fermés, là encore dans leur immense majorité cette année". La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation concède, néanmoins, qu’il y avait "des difficultés cette année, pour certains de ces jeunes". En réponse à ces difficultés, "avec Jean-Michel Blanquer nous avons décidé de faire cette session exceptionnelle de rattrapage".

 

Les modalités d’obtention du diplôme, cette année 2021, posent toujours question. "La note finale, elle se construit d’une part sur ce qu’on appelle le contrôle continu", si les jeunes en ont eu car l’année dernière "plus de 11.000 jeunes n’avaient pas de livret scolaire" du fait de la possibilité de suivre le BTS par le biais d’autre organismes, "la note de stage et la note des examens finaux".

"C’est comme ça chaque année", explique Frédérique Vidal. "À chaque fois, les jurys moyennent soit avec les notes de contrôle continu, soit, quand il n’y a pas de notes de contrôle continu, uniquement entre les notes de stage, les appréciations des enseignants et puis les examens terminaux". Ces examens sont importants, selon la ministre, "parce qu’ils permettent, finalement, d’assurer la valeur nationale du diplôme de BTS".

 

"Cette épreuve supplémentaire se tiendra de suite après les résultats"

Alors qu’en 2020 le maintien des épreuves a été impossible car les écoles et les lycées étaient fermés, "cette année c’est possible". Mais du fait de la situation compliquée durant l’année scolaire 2020-2021, "il y a cette épreuve supplémentaire, qui se tiendra de suite après les résultats, si je puis dire". Pour cette épreuve de rattrapage, "les étudiants seront convoqués dans les huit jours qui suivent les résultats". De plus, souligne Frédérique Vidal, des "préparations" sont prévues pour les étudiants qui doivent passer ce rattrapage. "Ce sera de l’oral", précise la ministre.

Les stages des étudiants en BTS ont été perturbés avec la pandémie et les mesures sanitaires. "Il y a plusieurs mesures, en fait, qui ont été prises pour faciliter le stages" comme "la possibilité de les fractionner" ou encore de changer de lieu de stage et "la possibilité de les valider jusqu’au 31 décembre 2021".

 

 

"Chaque établissement a voté ses modalités de contrôle des connaissances"

Concernant les autres étudiants, qui ont aussi des examens, "c’est chaque établissement qui a voté ses modalités de contrôle des connaissances". La ministre, selon les premiers retours reçus, juge que "la moitié des examens" vont se dérouler en présentiel, et l’autre moitié "soit à distance, soit une remise de rapport, soit une évaluation sur la base du contrôle continu".

La deuxième étape du déconfinement tombe le 19 mai prochain, une date qui paraît absurde pour les étudiants en université car l’année est finie ou presque. "L’année n’est pas finie partout", souligne Frédérique Vidal qui concède toutefois que "la majorité des universités vont démarrer leurs sessions d’épreuves ou sont déjà en examens". Mais "ce n’est pas le cas dans les écoles" qui restent ouvertes jusqu’au mois de juin.

Le déconfinement permettra toutefois aux universités d’organiser les sessions de rattrapage, "et là c’était important qu’on puisse faire revenir les étudiants". Un retour qui se fera avec des jauges : "on sera sur un siège sur deux", soit 50%, "à partir du 19 mai". Les étudiants seront également invités à faire des auto-tests, explique la ministre de l’Enseignement supérieur : "ça fait deux semaines, maintenant, que les établissements en reçoivent". Chaque étudiant et membre du personnel disposera de cinq autotests, "mis à disposition gratuitement", et pourra en chercher plus si besoin.

 

"Plus de 10.000 jeunes en deuxième année de médecine"

Sur le plan psychologique, la sortie de crise s'annonce également dramatique. La ministre de l'Enseignement supérieure assure l'accompagnement des étudiants, notamment grâce à "la mise en place d'une plateforme qui permet à des jeunes, sous prescription médicale, d'avoir accès à des séances de psychologue". Un dispositif utilisé par "3.000 jeunes chaque semaine". En matière comptable, s'il est "très compliqué" de définir les raisons profonds de l'acte, la ministre n'a pas repéré "d'explosion du nombre de suicide", à la fin de l'année 2020.

Les études dans le secteur de la santé, au centre des débats du fait de la crise sanitaire, vont subir une réforme avec une augmentation sensible du nombre de places. "On a pu l’annoncer : pour la première fois depuis 50 ans on aura plus de 10.000 jeunes qui continueront en deuxième année de médecine", explique la ministre. "C’est presque 1.500 de plus que l’année dernière", se félicite-t-elle. Soit une augmentation de 14%.

 

"Des difficultés en France"

Frédérique Vidal assure que le pass sanitaire "n'est pas prévu" pour la prochaine rentrée universitaire mais appelle les étudiants et le personnel à se vacciner afin "d'être tranquilles à la rentrée". Des centres de vaccinations ont d'ailleurs été implantés dans les centres de santé universitaires.

Si aucun vaccin français n'est présent sur le marché, ce n'est pas forcément un échec pour la ministre, qui rappelle que si "les vaccins ARN sont possibles, c'est parce qu'un chercheur français a découvert l'existence des ARN". Selon elle, "la recherche est internationale" mais admet "des difficultés en France", notamment par "un certain nombre de règles et une absence de fonds d'investissements". 

 

"Ce n'est pas la loi qui l'interdit, c'est une position politique"

Une candidate LREM voilée sur l'affiche de campagne a créé la polémique, mardi 11 mai. La ministre reconnaît que "ce n'est pas la loi qui l'interdit, c'est une position politique". Selon Frédérique Vidal "lorsque l'on représente un parti politique, on demande à ce que les candidats aient une neutralité par rapport à leur religion", mais cela n'empêche pas, assure-t-elle, de "se présenter pour faire de la politique en respectant cette règle". Elle adresse un mot de compassion à cette candidate pour qui cette polémique "a été extrêmement violente". 

Donnée un temps tête de liste LREM en PACA, Frédérique Vidal a finalement laissé sa place à Sophie Cluzel, confrontée à une tambouille politique entre LR et LREM qui fait le jeu de Thierry Mariani (RN), donné vainqueur dans tous les cas de figure selon un dernier sondage. "Il y a eu surtout une tambouille nationale à propos de cette région", regrette la ministre qui appelle à "un combat à mener avec un projet". "Les choses ne doivent pas se décider ailleurs que dans la région", estime la ministre.

 

 

Cliquez ici pour écouter "L’invité politique" avec Patrick Roger

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !