François-Xavier Bellamy : l'islamisme radical s'est installé en France car nous avons nié qui nous sommes

François Xavier Bellamy, député européen LR, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 30 octobre 2020 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

François Xavier Bellamy interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le 30 octobre 2020 à 7h40.

François-Xavier Bellamy : "La France n’est pas une abstraction : la France c’est une identité, une histoire, c’est un héritage"

Deux événements majeurs touchent la France en quasi simultané : un attentat à Nice, qui a fait trois morts, et le reconfinement généralisé pour cause de Covid-19. Sur l’attentat, François-Xavier Bellamy juge, comme le président de la République, que "c’est bien évidemment la France qui est attaquée". "C’est la France dans ce qu’elle a oublié d’être, dans ce que nous n’avons pas su assumer pendant trop longtemps".

Après le curé et le professeur, décapités, l’attaque de Nice, à l’intérieur de la basilique, montre que "les islamistes s’attaquent à ce qu’ils savent être la France". "La France n’est pas une abstraction : la France c’est une identité, une histoire, c’est un héritage. Si nous voulons continuer et transmettre cet héritage, il va falloir le défendre contre ceux qui veulent le détruire", affirme-t-il.

 

"Nous avons commencé à être détestés par ces gens parce que nous-mêmes nous avons commencé par dire que nous étions détestables"

Sur l’attentat, qui a ciblé la communauté catholique, le député estime que "tous les Français doivent se sentir concernés, que l’on soit chrétien ou non, on ne peut qu’être touché par ce qui vient de se produire". "Nous avons aujourd’hui le devoir de défendre ce qui fait notre lien commun, ce qui fait la force d’une civilisation. La crise que nous vivons aujourd’hui, elle est née d’abord de ce déni de réalité qui est aussi un déni de soi". Pour le député et philosophe, c’est "parce que nous n’avons pas su assumer ce que nous sommes que nous avons laissé la place à cette idéologie mortifère".

Pour lui, "nous avons commencé à être détestés par ces gens parce que nous-mêmes nous avons commencé par dire que nous étions détestables". Et la faute en revient au président de la République et de ses propos. "On ne pourra combattre l’islamisme efficacement que si on sait retrouver la force de cette identité, de cette culture, de cette civilisation, de cette manière de vivre qu’il faut défendre enfin maintenant une bonne fois pour toutes."

 

"Il faut mettre fin maintenant au flux migratoire délirant qui entre toujours dans notre pays"

Alors qu’Emmanuel Macron a demandé l’unité, François-Xavier Bellamy estime qu’elle doit y être "autour de ce qui fait la France. Mais l'unité ne doit pas dire l'uniformité ni le silence. Mais que le président de la République ne compte pas sur nous, qu’il ne compte pas sur moi, pour nous laisser réduire au silence par une fausse injonction à une espèce de concorde nationale qui ne serait rien d’autre que la suppression des voix qui osent parler de ce qu'il est urgent de faire".

Pour répondre à l’islamisme radical et à la menace terroriste, François-Xavier Bellamy estime qu’il faut commencer par "réinvestir dans la justice, dans la police", afin de "faire appliquer les lois qui existent". Mais, surtout, "on ne parviendra jamais à relever le défi énorme de l’intégration qui est devant nous si on ne met pas fin maintenant au flux migratoire délirant qui entre toujours dans notre pays".

 

"Il y a une responsabilité immense du gouvernement, de nos gouvernements depuis des années"

Pour lutter contre les flux migratoires, il faut s’attaquer à "l’impuissance européenne", et qui se résout en faisant en sorte que "personne ne doit pouvoir s’établir en Europe, entrer en Europe, s’il n’y a pas été autorisé légalement". Le terroriste responsable de l’attaque de Nice arrivait de Tunisie : "il n’y a aucune raison que quelqu’un qui arrive de la Tunisie soit éligible à une forme de solidarité qui lui vaudrait d’être accueilli lorsqu’il a forcé la porte", estime le député.

Mais l’impuissance européenne n’est pas la seule responsable : "il y a aussi une responsabilité immense du gouvernement, de nos gouvernements depuis des années". Ces derniers ont "fermé les yeux sur les conséquences dramatiques de cette immigration massive". "Le gouvernement actuel a porté l’immigration légale à des niveaux qu’on n'avait jamais connus." Il souligne qu’en 2019, près de 300.000 titres de séjour ont été délivrés : "c’est l’équivalent de la ville de Nantes qui s’installe en France". "Dans notre pays, il y a des quartiers entiers où on ne parle pas français, où la loi de la République n'est pas appliquée, des îlots entiers de gens qui ne se reconnaissent pas dans la culture française, dans la civilisation européenne. Il faut mettre fin immédiatement à ces flux migratoires", insiste François-Xavier Bellamy.

 

"Jamais dans l’histoire un pays ne s’est laissé attaquer avec une telle passivité"

Un autre attentat a été déjoué à Lyon, toujours le 29 octobre 2020 : "Qu'est-ce que cet afghan, entré illégalement sur le territoire français, connu des services de police pour radicalisation, arrêté la semaine dernière pour avoir attaqué un policier, faisait libre dans les rues de Lyon armé d'un couteau et prêt à tuer ? C'est de la folie furieuse ! Jamais dans l’histoire un pays ne s’est laissé attaquer avec une telle passivité, jamais on n'a vu un État aussi peu capable d'assumer sa fonction première qui est celle de protéger les citoyens".

Pour autant, alors que certains demandent une législation d’exception, François-Xavier Bellamy estime que l’important est que la loi "soit appliquée". "Quelqu’un qui est entré illégalement sur le territoire français, vous n’avez pas besoin de changer la loi pour dire qu’il est illégalement en France." Et si des institutions supra-nationales empêchent la France d’appliquer ses lois, alors "il faut se donner les moyens légaux d’assurer la protection que nous devons aux Français".

 

"Si on ne se réveille pas maintenant, je ne vois pas quand on se réveillera !"

Certains estiment qu'il ne faut pas agir sous le coup de l'émotion sur le plan juridique concernant l'État de droit. "Ça fait des années qu'on aurait dû agir ! souligne François-Xavier Bellamy. S'il faut des attentats pour nous réveiller, je suis le premier à le regretter, mais j'espère qu'enfin ils nous ouvriront les yeux ! Si on ne se réveille pas maintenant, je ne vois pas quand on se réveillera ! Notre pays peut très bien connaître des affrontements très violents si nous ne savons pas réagir à temps. Selon lui, il est possible de vivre en France une explosion de l'unité de la société française".

Ces affrontements prendront-ils la forme d'une guerre civile ? s'interroge Patrick Roger. "Dans une guerre civile, vous avez des camps constitués qui se battent, explique François-Xavier Bellamy. Aujourd'hui, je vois dans cette église de Nice d'un côté des gens qui prient et de l'autre des gens qui tuent. Ça n'est pas une guerre civile parce que les Français sont pacifiques, ils sont incroyablement respectueux et résilients, tient-il à préciser. C'est la démonstration absolue que ceux qui accusent la France de racisme et d'islamophobie insultent les Français au mépris de la réalité ! Les Français subissent des attentats islamistes depuis des années, il n'y a jamais eu de rétorsion, de violence en retour. Puissions-nous conserver cette paix civile !"

Faut-il sortir de certains traités européens ? "Si la Cour européenne des droits de l'homme nous empêche d'appliquer une politique migratoire efficace, alors bien sûr il faudra s'affranchir de la CEDH sans aucune espèce d'état d'âme !" assure François-Xavier Bellamy.

 

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