François de Rugy: "la question du transport maritime international se pose"

Alors que les nappes d'hydrocarbures menacent les côtes de Gironde et de Charente-Maritime, le ministre de la transition écologique et solidaire espère pouvoir lancer ce vendredi les opérations de pompage, dans l'épave du cargo Grande America à 4600 mètres de profondeur. Invité du grand matin Sud Radio, François de Rugy l'admet: ce naufrage pose la question du carburant utilisé par les cargos, mais aussi celle du commerce international.

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"D'importants moyens mobilisés pour tenter de pomper ces nappes de fioul"

Le ministre décrit une situation sous étroite surveillance, avec deux avions de la marine nationale qui survolent la zone pour repérer d'éventuelles nouvelles fuites:  

"Du pétrole qui remonte de l'épave à 4600 mètres de fond: c'est pour ça qu'on n'a pas encore pu inspecter l'épave. Cinq bateaux arrivent sur la zone du naufrage"

François de Rugy espère voir les opérations de pompage démarrer aujourd'hui ou demain:

"Si la météo se calme et que le vent faibli, on pourra lancer les opérations de pompage. Il faut rappeler que le naufrage a été causé par une tempête. Le pompage, ça se fait plutôt par mer calme."

L'équipage entendu

Les causes du naufrage restent inconnues pour le moment.

"L'équipage italien, philippin et roumain, est toujours à Brest, entendu actuellement"

Des galettes et boulettes de fioul sur nos côtes?

"Le vent pousse la nappe de pétrole vers la côte", indique François de Rugy.  reste à savoir s'ils continueront jusqu'à toucher terre. "Le carburant utilisé, c'est le fioul lourd, et c'est très polluant. Il faut donc faire la transparence totale. On ne peut pas avoir exactement où se dirige la pollution, le vent peut tourner. On fait tout, en pompant, pour limiter l'impact possible: galettes, boulettes de fioul".

Changer le carburant des cargos

"Sans-doute faudra  t-il renforcer le contrôle des bateaux dans nos ports", indique le ministre de la transition écologique. "Ce n'est pas un pétrolier mais un cargo, malheureusement le carburant encore le plus utilisé aujourd'hui c'est le fioul lourd".

"ça pose la question des carburants qu'on utilise dans nos navires. Nous avons engagé, avec l'organisation maritime internationale, une transformation du transport maritime pour ne plus que les cargos utilisent ce fioul lourd. Il est déjà interdit dans la Manche et dans les eaux territoriales françaises."

Remettre en cause le commerce maritime international?

"Ce cargo contenait des voitures de seconde main qu'on allait revendre sur le continent Africain. La question qui se pose: est-ce qu'on autorise toujours ce commerce international de biens dont on ne veut plus en Europe? On pourrait réguler en peu plus le commerce mondial. Est-ce qu'on met une taxe carbone aux frontières européennes? Un sidérurgiste qui fait de l'acier en France me disait: on est d'accord pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais dans ce cas il faut taxer l'acier d'Asie lorsqu'il n'a pas les mêmes normes. C'est un sujet concret à mettre dans la campagne européenne."

"Leclerc écrase les producteurs"

Interrogé sur la proposition de Michel-Edouard Leclerc d'une TVA moins élevée pour le bio, le François de Rugy répond "pourquoi pas"... non sans un tacle !

"Je suis favorable à cette proposition. Une TVA modulée en fonction de l'impact écologique. Après il faut parler vrai: Monsieur Leclerc écrase les producteurs, y compris bio, donc ça va être difficile. La question, si on baisse la TVA pour les produits bio, c'est: est-on prêt à l'augmenter pour les autres produits?"