Emmanuelle Wargon : "On aimerait voir Ségolène Royal dans l'action sur les pôles, plus que dans la critique générale"

La secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon était l’invitée du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 15 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Emmanuelle Wargon interviewée par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 15 janvier à 7h40.

Ségolène Royal virée de son poste d'ambassadrice des Pôles pour avoir trop critiqué le gouvernement ? C'est ce que reconnaît Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, qui estime que "quand on est ambassadeur on défend l'action du gouvernement". Elle invite Ségolène Royal à faire un choix : "soit elle dans la critique du gouvernement - et elle l'est très massivement sur les retraites ou sur l'écologie (parfois avec une assez grande dose de mauvaise foi), soit elle est dans l'action, et c'est vrai qu'on aimerait bien la voir dans l'action sur les pôles, plus que dans la critique générale".

 

Ségolène Royal est dans la "critique systématique"

Surtout que selon Emmanuelle Wargon, "les Pôles sont dans une situation extrêmement difficile". Alors quand "le réchauffement climatique est là, que l'on vient de vivre l'une des années les plus chaudes depuis 100 ans, elle aurait pu mettre toute son énergie à défendre concrètement la cause de pôles, cela aurait été plus utile", insiste la secrétaire d'État, qui regrette qu'il soit "difficile d'avoir un dialogue serein" avec Ségolène Royal.

Une "critique systématique" de l'ancienne ministre de l'Écologie contre les mesures adoptées par le gouvernement actuel. "Elle pourfend le gouvernement sur la rénovation énergétique des bâtiments, parce qu'on a supprimé toutes les aides, en omettant de dire qu'on a transformé un crédit d'impôt qui était versé 18 mois après les dépenses, en une prime Rénov qui va être versée 15 jours après les dépenses" rappelle la Emmanuelle Wargon, qui estime que "soit elle est dans l'équipe France qui défend la promotion de l'action de la France notamment à l'international, soit elle est dans la critique et c'est autre chose".

 

À Pau pour rencontrer des éleveurs

En déplacement à Pau (Pyrénées-Atlantiques) mardi 14 janvier, le président de la République Emmanuel Macron était accompagné de sa secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire pour "signer un contrat de 25 millions d'euros de transition écologique pour l'agglomération Pau-Béarn-Pyrénées" a annoncé Emmanuelle Wargon.

Dans le même temps, les représentants de l'exécutif ont rencontré des éleveurs des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées, qui ont "une coexistence difficile avec les ours" note-t-elle. "Emmanuel Macron a réaffirmé que nous n'avions pas de nouveau projet de réintroduction d'ours dans les Pyrénées" a rappelé Emmanuelle Wagron, qui considère "important" ce message lancé aux éleveurs.

 

Un séminaire gouvernemental pour "se pencher sur les projets à venir"

Les membres du gouvernement vont se retrouver autour d'un séminaire pour "se projeter dans les mois qui viennent sur nos priorités, dont les retraites et l'écologie" annonce Emmanuelle Wargon. Si elle reconnaît qu'il est "compliqué d'expliquer une réforme si grande, si gigantesque, puisqu'elle concerne tous les Français et plus de 320 milliards d'euros", la secrétaire d'État fait confiance dans le temps. "C'est une réforme qui prend forcément du temps en explication", admet-elle avant de reconnaître que le gouvernement devra "gagner en clarté".

"On prévoit un nouveau système qui entrera en vigueur très progressivement, essentiellement à partir 2037", annonce-t-elle qui précise que ce nouveau système sera "équilibré, par répartition et universel". Mais avant de se projeter dans le nouveau système, le gouvernement souhaite "arriver à l'équilibre dès 2027". "Nous ne mettons pas la charrue avant les bœufs, nous rentrerons dans un nouveau système sans dette", précise-t-elle. Si le gouvernement a "une préférence pour une mesure d'âge", l'exécutif attend avant tout les propositions des syndicats pour se positionner définitivement sur la question.

Selon Emmanuelle Wargon, "l'heure est à la confiance" entre le gouvernement et les syndicats. "Si la négociation échoue, le gouvernement reprendra la main, nous avons confiance dans les syndicat qui acceptent de négocier" précise la secrétaire d'État, qui estime "qu'il est temps que la grève se termine".

 

Vers la suppression des centrales à charbon ?

Au patron de Total qui considère que "l'on veut que tout aille beaucoup trop vite, alors que les énergies fossiles représentent plus de 90% du mix énergétique mondial et que l'on ne va pas tout faire disparaître à coup de baguette magique", Emmanuelle Wargon répond que "si on ne commence pas, on n'y arrivera jamais". "En France, il nous reste quatre centrales à charbon : l'équivalent de 4 millions de voitures en termes de CO2 ! Nous allons les fermer. Et trouver des solutions de remplacement" annonce-t-elle. "Notre première responsabilité est de trouver des solutions aux salariés et aux sous-traitants qui travaillent dans ces centrales" admet la secrétaire d'État, qui reconnaît que "ça prend du temps, que ça ne se fait pas en un claquement de doigt".

"Il faut être à la fois réaliste et volontariste" avance Emmanuelle Wargon, qui rappelle au PDG de Total que "la situation en France n'est pas la même que sur le plan international". "Le chemin c'est d'être suffisamment volontariste, mais pas en allant vers des situations où l'on sait que ça ne peut pas se produire" reconnaît-elle, espérant que "l'Europe montre le chemin au monde" dans ce domaine.

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