"Emmanuel Macron a été réélu sous le signe de la défiance" assure Sébastien Chenu

Sébastien Chenu, porte-parole du RN et de Marine Le Pen et député du Nord, était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

sébastien chenu
Sébastien Chenu, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 25 avril, dans "le petit déjeuner politique".

Nouvelle défaite de Marine Le Pen, réélection d'Emmanuel Macron, bataille des législatives, appel à l'union d'Éric Zemmour : Sébastien Chenu a répondu aux questions de Patrick Roger.

Sébastien Chenu : "Emmanuel Macron a été réélu sous le signe de la défiance"

Marine Le Pen a été battue au second tour de l'élection présidentielle, avec 41,5% des voix contre 58,5 pour Emmanuel Macron. "C'est une défaite parce qu'Emmanuel Macron a été réélu", reconnaît Sébastien Chenu. Il souligne toutefois que "c'est une réélection sous le signe de la défiance pour Emmanuel Macron, qui n'a pas convaincu une majorité de Français. C'est une élection par défaut". D'après Sébastien Chenu, "il y a eu un barrage indécent du système en place. À coup de fake news d'une brutalité extraordinaire. On a culpabilisé les Français en leur disant qu'ils étaient d'extrême droite".

"Toutes les Unes de presse entre les deux tours ont été hostiles, ajoute le député. 100% de la presse nationale a été hostile à Marine Le Pen. Il en faut du courage aux électeurs !" "Pour Marine Le Pen, c'est une défaite avec un goût d'inachevé et surtout, un record absolu d'électeurs qui lui ont fait confiance, estime Sébastien Chenu. Nous n'avons jamais reculé, nous faisons des bonds électoraux importants année après année, qui devraient nous amener aux responsabilités la prochaine fois".

"Je ne crois pas que Marine Le Pen ait envie de reprendre une présidence de parti politique"

"Chaque année, Marine Le Pen suscite davantage la confiance des Français. Elle est capable de se remettre en cause. C'est ce qui manque à Emmanuel Macron, qui fait preuve d'un éternel contentement. Il est content de lui'. Sébastien Chenu revient sur le discours de réélection du président de la République, qu'il a trouvé "nul". Il dénonce "un fouillis permanent dans la pensée d'Emmanuel Macron", qui a, selon le député, "une absence totale de vision pour le pays. C'était le 'en même temps' il y a 5 ans, aujourd'hui, c'est une espèce de zigzag permanent. On ne sait pas où il veut emmener le pays".

"Il ne faut pas lui laisser les pleins pouvoirs demain", alerte Sébastien Chenu. Marine Le Pen a donné rendez-vous pour les législatives. Sera-t-elle candidate ? Si Sébastien Chenu, le souhaite, il précise qu'elle l'annoncera à ses électeurs. Reprendra-t-elle la place de présidente du RN ? "Je ne crois pas qu'elle ait envie de reprendre une présidence de parti politique, se réenfermer dans un appareil politique. Mais elle a une place singulière sur l'échiquier politique français, souligne le député. Elle incarne l'opposition aujourd'hui. Avec l'ensemble de nos camarades, elle va mener le combat des législatives. Il faut envoyer des bataillons de députés issus du RN pour contrer la politique d'Emmanuel Macron demain".

 

Appel à l'union d'Éric Zemmour : "Quand on fait le score qu'il a réalisé, on se remet en cause, on est humble"

Éric Zemmour a appelé à l'union nationale pour les législatives. Pour Sébastien Chenu, "la politique est l'école d'humilité. Il n'a peut-être pas compris encore que sa logique d'union des droites ne correspond plus à rien. La droite et la gauche, c'est fini ! On veut l'union des patriotes, ce qui est plus ambitieux. Nous pouvons soutenir des candidats qui ne sont pas issus du RN qui s'engageraient sur le projet que nous portons, confirme-t-il. Mais on ne sera pas dans de la tambouille électorale de partis. On ne prendra pas de leçons de gens qui ont eux-mêmes échoués".

"Quand on fait le score qu'il a réalisé, on se remet en cause, on est humble. Je dis à Éric Zemmour : rénovez votre logiciel politique, vous faites aujourd'hui fausse route, vous vous enfermez. Ce n'est pas une histoire d'appareils politiques, l'élection montre qu'ils sont très abîmés. On va aux législatives avec les 13 millions de Français qui nous ont fait confiance. Si d'anciens LR qui ont un peu de courage pour franchir les frontières qu'eux-mêmes s'installent intellectuellement, ils sont les bienvenus. Mais souvent ce qui manque aux LR, c'est le courage !"

 

 

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