Élisabeth Lévy : "L'histoire d'Adélaïde est emblématique de la gauche décomplexée"

Le témoignage d'Adélaïde fait le tour des réseaux sociaux. La jeune femme dénonce un entretien humiliant au Palais Garnier, avec l'Association pour le rayonnement de l’Opéra national de Paris. La raison ? Avoir fait un stage à Valeurs Actuelles. L'avis d'Elisabeth Lévy sans interdit.

Twitter est l'une des sociétés dont un représentant a été convoqué par le ministère de l'Intérieur le 20 octobre 2020. © AFP

Adélaïde, 23 ans postulait pour un emploi, elle a été recalée pour avoir fait un stage à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles.

Elle le raconte sur le site de Valeurs Actuelles. Sans invective et sans citer son interlocutrice. Bien sûr, c’est sa version. Mais j’ai parlé à Adelaïde et j’ai tendance à la croire.

Titulaire d’un master 2 Sciences Politique/Communication à la Sorbonne, la jeune femme postulait précisément à l’AROP, l’Association pour le rayonnement de l’Opéra, soit 4500 personnes ou entreprises mécènes, logée au Palais Garnier. Passionnée de ballet et d’opéra, elle envoie son CV, on lui propose un entretien.

Au début, elle semble faire bonne impression

Elle a potassé, elle connaît la politique de l’opéra, notamment en matière de diversité et de mixité sociale, elle est enthousiaste. Elle adore ce monde. Elle semble faire bonne impression : «Vous connaissez bien les enjeux de l’Arop» lui dit même la personne qui la reçoit.

Et puis c’est la douche froide

«Je trouve surprenant que vous postuliez dans le milieu culturel avec votre CV» lance Camille (nom d’empreint dans l’article).

 Adélaïde a travaillé à Valeurs Actuelles, boulevard Voltaire, « la presse d’extrême droite » renchérit Camille. Les convictions d’Adélaïde, ou du moins celle que Camille lui prête, ne sont pas celles du directeur de l’Opéra.

Adélaïde se justifie, après cinq ans à la Sorbonne elle a beaucoup d’amis de gauche. Mais l’argument ne convainc pas, Camille répond «dans l’équipe, des gens issus de l’immigration, auraient du mal à travailler avec vous. Et puis, travailler en équipe, c’est aller manger avec les gens». Apparemment cette dame n’a jamais déjeuné avec une personne de droite. Pour finir, elle lui balance : le racisme est un délit, pas une opinion.

Outre la sottise de la recruteuse, cette anecdote doit interpeler

C’est plus qu’une anecdote, elle est emblématique du sectarisme et de la bonne conscience décomplexée de gauche. La recruteuse ne se cache pas, elle ne fait pas semblant, elle ne lui dit pas qu’elle n’a pas le profil ou les compétences. Elle parle d’un délit d’opinion. Comme s'il n'y avait qu’une seule opinion d’acceptable.

Nous les gens de culture, on est de gauche n’est-ce-pas ? C’est un monde soviétique

On notera que cette dame adore la diversité sauf en matière d’idée. Le seul propos raciste vient d’elle : des gens issus de l’immigration sont supposés réagir de telle ou telle façon, sans libre arbitre.

Là où il y a scandale, c’est que l’Opéra est un établissement public payé par nos impôts. Ces gens ne refusent pas notre fric, pourtant sali par nos idées nauséabondes. Ni celui des mécènes et des spectateurs qui ne sont pas tous mélenchonistes. Voilà comment les «cultureux» voient les Français de droite. Des cochons de payants.

Bravo à Adélaïde

Son avocat demande une sanction et un nouvel entretien. Marre de se la fermer. Rappelons cette péronnelle que la discrimination pour opinion est aussi un délit.