Elisabeth Borne refuse d'ouvrir la vignette Crit'air 1 aux diesels récents

La ministre en charge des transports ne croit pas aux moteurs diesels moins polluants, et entend privilégier le développement des motorisations alternatives. Elisabeth Borne, invitée du "petit déjeuner politique", a aussi évoqué le véto européen à un rapprochement Alstom-Siemens, "mauvaise décision" de la commission selon elle. L'occasion d'évoquer aussi la future ligne directe Roissy-centre de Paris, ainsi que le départ du député Matthieu Orphelin, qui quitte la majorité.

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"Le diesel plus propre, on n'y croit plus"

Le ministère de l'économie aurait des velléités d'ouvrir la vignette Crit'air 1 aux diesels les plus récents d'après Le Monde, au motif que ces moteurs diesel sont beaucoup moins polluants qu'avant. Une évolution que refuse le ministère de l'environnement, mais aussi la ministre des transports Elisabeth Borne:

"Le diesel pollue. On a des problèmes de particules, d'oxyde d'azote. En effet les vignettes Crit'air 1 ne sont pas ouvertes aux diesel."

Elle réfute l'argument d'un diesel de moins en moins polluant: "Depuis des années, on nous dit que le diesel va devenir plus propre. Après le dieselgate, on n'y croit plus. On ferait mieux de consacrer de l'énergie à développer des véhicules électriques, au biogaz, plutôt que de construire des véhicules diesel dont on nous dit qu'il sera plus propre."

Elisabeth Borne qui, pour autant, se dit soucieuse de l'enjeu en terme d'emplois:

"C'est clairement un enjeu de transition, par exemple pour les Fonderies du Poitou, que je connais bien en tant qu'ancienne préfète. Il faut accompagner la reconversion des sites et des salariés. La pollution, ce n'est pas rien ! 48.000 morts prématurés par an ! Il faut se projeter en avant !"

Alstom-Siemens: "Erreur économique, faute politique de la commission européenne"

La ministre en charge des transports est également revenue, avec des mots très durs, sur la décision de la commission européenne: Bruxelles a posé son veto à l'union Alstom-Siemens sur leur branche ferroviaire, au motif que cela créerait un monopole en Europe.

"C'est une mauvaise décision, une erreur économique, une faute politique. On a un géant chinois qui représente le double d'Alstom et Siemens réunis. Il nous faut des géants européens. S'ils font un recours, l'Etat le soutiendra."

Les travaux du Charles de Gaulle express n'auront pas d'impact sur le RER B

Elisabeth Borne était aussi venue défendre le projet de ligne directe, entre le centre-ville de Paris et l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Et se veut rassurante à l'égard des usagers du RER B, qui pourraient craindre l'impact des travaux:

"Personne ne peut se satisfaire de la desserte de l'aéroport de Roissy, qui accueille 200.000 passagers par jour, et qui s'y rendent en voiture, ce qui crée des bouchons. J'entends les inquiétudes de ceux qui empruntent le RER B, mais il n'y aura pas d'impact. J'attend les propositions du préfet sur l'organisation de ces travaux CDG express. On va voir si c'est possible de les réaliser pour les JO de 2024, mais à condition que ça ne se fasse pas au détriment du RER B.  Par ailleurs, la ligne 14 en cours de prolongement vers Orly sera prête en 2024"

Départ de Matthieu Orphelin: "sur l'écologie, on peut toujours voir le verre à moitié vide"

Elisabeth Borne a aussi évoque lé départ de Matthieu Orphelin de la majorité LREM. Proche de Nicolas Hulot, le député du Maine-et-Loire met en avant les carences de l'action gouvernementale sur le front écologique:

"Je regrette ce départ. Moi j'ai beaucoup travaillé avec Mathieu Orphelin. On a pris des décisions importantes. On peut toujours voir le verre à moitié vide, sauf qu'on est plus efficace à l'intérieur, pour faire avancer cette cause".