Élisabeth Borne : "Les vignettes Crit'air 1 ne sont pas ouvertes aux diesel"

Elisabeth Borne
Pour Élisabeth Borne, pas question d’ouvrir la vignette Crit’air 1 aux véhicules diesel récents. DR

Élisabeth Borne était l’invitée politique de Patrick Roger le 7 février 2019 sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

La ministre en charge des Transports ne croit pas aux moteurs diesels "propres" et le répète au micro de Patrick Roger. Une position clairement opposée aux velléités du ministère de l'Économie d'ouvrir la vignette Crit'air 1 aux véhicules diesel les plus récents. "Le diesel pollue. On a des problèmes de particules, d'oxyde d'azote, estime Élisabeth Borne. Cela fait des années que l’on nous parle de diesel propre. Mais après le dieselgate, on n’y croit plus. La vignette Crit'air 1 n’est pas ouvertes aux diesel. Elle est réservée aux véhicules les moins polluants. On serait mieux inspiré de consacrer de l'énergie à développer des véhicules électriques, au biogaz, plutôt que de construire des véhicules diesel. Là, on est certain de produire des véhicules qui ne polluent pas".

Élisabeth Borne est pourtant consciente des enjeux en termes d’emplois de cette éradication du diesel. Alors qu’il représente près de 40.000 emplois en France, sa part est passée de 70 à 30% du parc automobile français. "C'est clairement un enjeu de transition. Il faut accompagner la reconversion des sites et des salariés."

Alstom-Siemens,  "erreur économique, faute politique"

La ministre en charge des Transports est également revenue sur la décision de la Commission européenne de poser son veto à l'union Alstom-Siemens sur leur branche ferroviaire :  "C’est une mauvaise décision, une erreur économique, une faute politique. On a un géant chinois qui représente le double d'Alstom et Siemens réunis. Nous avons besoin d’avoir des champions européens, notamment dans le domaine ferroviaire. Avec l’Allemagne, nous ferons des propositions. Et s’ils font un recours, l'État le soutiendra." 

Élisabeth Borne a par ailleurs détaillé son projet CDG Express, une ligne directe entre le centre-ville de Paris et l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. "J’ai confirmé cette liaison CDG Express, parce que personne ne peut se satisfaire de la desserte de l'aéroport de Roissy qui accueille 200.000 passagers par jour. Majoritairement, ces derniers s'y rendent en voiture, ce qui crée des embouteillages. J'entends les inquiétudes de ceux qui empruntent le RER B, mais il n'y aura pas d'impact. Il n’y aura pas un euro d’argent pour réaliser ce projet qui sera financé intégralement par ceux qui l’utiliseront demain et par une taxe sur les billets aériens. Par ailleurs, 500 millions d'euros de ce projet serviront à améliorer le RER B. Il faudra que l’on garantisse que ces travaux n’auront aucun impact sur le RER B."

Porter l'écologie "à l'intérieur, pas dehors"

Pour autant, cette liaison sera-t-elle prête à temps pour les Jeux Olympiques de 2024 à Paris ?
"Cette ligne est nécessaire pour la desserte de l’aéroport de Roissy, rappelle la ministre. La SNCF nous dit que c’est possible pour 2024 mais, si nécessaire, nous aménagerons le calendrier. Par ailleurs, la ligne 14 est en cours de prolongement vers l’aéroport Orly. Là aussi, ce sera normalement prêt pour  2024".

Interrogée sur les projets de privatisation d’Aéroports de Paris, la ministre en charge des Transports est bien sûr solidaire de son gouvernement : "C’est un projet porté par le gouvernement, je pense que c’est une bonne idée. On a besoin d’être clair dans notre rôle : garantir le développement des plateformes parisiennes, assurer nos missions en termes de sécurité, de police aux frontières, de navigation aérienne".


Patrick Roger a également interrogé Élisabeth Borne sur le départ de Matthieu Orphelin du groupe LREM à l’Assemblée nationale : "Je regrette ce départ, j'ai beaucoup travaillé avec Mathieu Orphelin. C’est difficile, l’écologie. On peut toujours considérer que le verre est à moitié vide...  Nous avons pris des décisions importantes. Personne ne redoute que Nicolas Hulot ne revienne. Mais je pense que, s’il faut porter cette cause, il faut être dedans, pas dehors".


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