Effectifs, formation, amendes… Que retenir des annonces du Président sur la sécurité à Nice ?

Que penser des annonces présidentielles sur la sécurité ? La réaction de Stanislas Gaudon, délégué du syndicat Alliance Police Nationale.

À Nice, le président de la République a multiplié les annonces sur la sécurité. Il a souhaité voir le nombre de policiers sur le terrain multiplié par deux à l’horizon 2030. Supprimer des tâches annexes et réorganiser la police permettrait de créer 10.000 postes, estime-t-il. Que penser de ces annonces de campagne ?

"Une revendication depuis des années"

"Enfin un budget conséquent, c’était attendu, réagit Stanislas Gaudon, délégué du syndicat Alliance Police Nationale. Quand on parle de 15 milliards d’euros d’augmentation du budget du ministère de l’Intérieur sur cinq ans, il y a une vraie annonce." Maintenant, "on attend que cela se concrétise dans les projets de loi de finance. Il faut quand même noter cet effort budgétaire inédit."

"Concernant le déploiement des effectifs sur le terrain, c’est une revendication que l’on porte depuis des années, de supprimer toutes ces tâches indues : gardes statiques, transferts de détenus, précise Stanislas Gaudon. Ils peuvent être transférés à d’autres administrations ou à de la sécurité privée. C’est ce que l’on appelle le continuum de sécurité. On va libérer les policiers de certaines tâches qui ne sont pas leur cœur de métier."

 

Sécurité : le défi de la formation

Mais comment former autant d’effectifs ? "C’est là le grand défi. Les formateurs ne peuvent pas se démultiplier, estime le représentant du syndicat Alliance Police Nationale. Cet effort de recrutement va leur poser des problèmes, ils manquent de reconnaissance et ne sont pas en nombre suffisant." Le chef de l’État a également parlé d’une accélération du dégagement de policiers et gendarmes affectés à des tâches administratives. "Nous avons demandé depuis des années de regarder au cas par cas où libérer des postes. Ce travail de terrain n’a pas été effectué. On demande à voir tous les postes qui seront réellement substitués."

À cela s’ajoute l’annonce de la création de 1.500 cyber-patrouilleurs. "La criminalité par le biais d’Internet a vu ses capacités de nuisance exploser, il faut d’adapter, surveiller les réseaux, mener les investigations. C’est pour cela qu'il faut du monde, et qu’il soit formé", commente Stanislas Gaudon. Par ailleurs, l’amende pour harcèlement de rue serait triplée, à 300 €. Cet acte serait désormais qualifié de délit. "Il faut d’abord qu’il soit constaté en flagrant délit. Nous avions émis des réserves sur la difficulté à être efficace. L’amende forfaitaire délictuelle dégage du temps en procédure, mais ce ne sera pas d’une efficacité à 100%. Il faudra constater l’infraction. Si l’on doit faire une enquête, identifier, faire des auditions, ce sera une perte de temps. Ce sera très chronophage pour tous les policiers sur le terrain."

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