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Édouard Philippe : "LR aurait tort de prendre cette défaite comme un accident"

Par Benjamin Jeanjean

Député-maire (LR) du Havre, Édouard Philippe était l’invité ce mercredi de Territoires d'Infos, la matinale de Sud Radio et Public Sénat présentée par Cyril Viguier, avec la presse quotidienne régionale. Selon lui, la défaite de François Fillon à la présidentielle doit pousser le parti à une profonde réflexion.

"Les Républicains auraient tort de prendre cette défaite comme un accident conjoncturel". Sur le plateau de Territoires d'Infos, la matinale de Sud Radio et Public Sénat présentée par Cyril Viguier avec la presse quotidienne régionale, le député-maire (LR) du Havre, Édouard Philippe, a solennellement commenté la déroute du parti Les Républicains au premier tour de cette présidentielle, avec l’élimination de François Fillon. Selon lui, cette défaite doit donner lieu à un profond débat sur la ligne du parti.

"Pas impossible que cette différence s’accentue après les élections"

"Elle révèle quelque chose de beaucoup plus profond. Le fondement de la création des Républicains (UMP à l’époque), c’est la fusion des droites et des centres (qui n’était certes pas complète, puisque François Bayrou n’y était pas) pour créer une base politique et idéologique suffisamment large pour nous permettre d’être sûr d’accéder au second tour de la présidentielle. Cela a marché en 2007, en 2012, mais pas cette fois. Il faut donc se poser la question de la base idéologique, de la ligne. Peut-on construire quelque chose quand une bonne partie des centristes sont aujourd’hui à l’extérieur et qu’on se divise sur la position à avoir vis-à-vis de Marine Le Pen ? La question est ouverte, et il n’est pas impossible que cette différence s’accentue après les élections", a-t-il analysé.

L’élu LR, proche d’Alain Juppé, a également brièvement évoqué l’hypothèse d’un changement de ligne politique avant les législatives chez Les Républicains. "C’est une question complexe. La ligne du parti a été tranchée, et bien tranchée, par la primaire. Mais est-ce que c’était la ligne du parti ou celle du candidat ? Si François Fillon avait gagné la présidentielle, la question ne se poserait pas. Mais il n’a pas gagné, donc il y a forcément un travail d’actualisation du projet à réaliser au sein du parti. C’est apparemment Eric Woerth qui est chargé d’actualiser ce projet en vue des législatives. Il va s’atteler à la tâche", a-t-il annoncé.

Par ailleurs, Édouard Philippe doute de la pertinence d’un retour de Nicolas Sarkozy à la tête du parti après cet échec électoral. "Il a évidemment sa place au sein du parti. S’il veut revenir y vivre, personne ne critiquera cela. Cela dit, si Emmanuel Macron est élu président de la République, on pourra se poser la question de savoir si face à un Président entièrement neuf, il faut jouer avec du "vieux", même si on ne peut pas dire ça de Nicolas Sarkozy. La question sera posée", a-t-il prévenu.

"J’aurais aimé que Les Républicains soient un peu plus clairs"

Le député LR a par ailleurs plusieurs fois mis en garde contre tout triomphalisme avant le second tour de cette élection présidentielle. "Je trouve que la vigueur du réflexe républicain est faible. À gauche comme à droite, ça se tortille beaucoup et il y a beaucoup de mal à affirmer une préférence entre l’un et l’autre. Or, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ce n’est pas la même chose. Il faut aider Emmanuel Macron en faisant campagne pour qu’il gagne. J’ai bien compris que cela chagrinait certains amis de ma famille politique. (…) La très longue discussion du Bureau politique LR qui s’interroge pendant deux heures, avec ce communiqué qui n’est pas voté, est en-dessous de la hauteur des enjeux. Il faut avoir un langage clair dans les moments importants. C’en est un. J’aurais aimé que l’on soit un peu plus clairs", a-t-il regretté.

Interrogé sur ce début de campagne d’entre-deux tours d’Emmanuel Macron, et son attitude controversée dimanche soir, Édouard Philippe a mis en garde le candidat d’En Marche!. "Il aurait pu être meilleur, oui. Je peux comprendre qu’il soit qualifié au second tour, personne n’y croyait il y a six mois. Humainement, on le comprend. Mais quand on veut devenir président de la République, il faut mettre les réactions de côté et avoir une forme d’attitude qui vous dépasse. (…) Dimanche soir, il lui manquait la gravité indispensable au vu des circonstances. Cela dit, la campagne est lancée maintenant, il faut qu’il aille au bout. Je suis extrêmement inquiet du résultat car Marine Le Pen peut gagner, même si les sondages ne disent pas ça", a-t-il averti.


Invité : Édouard Philippe - Territoires d'infos... par publicsenat

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