Écologie - Ferghane Azihari : "il n’y a pas lieu d’opposer croissance économique et qualité de l’environnement"

Ferghane Azihari, délégué général de l’Académie libre des Sciences Humaines, était l’invité d’André Bercoff le lundi 25 octobre, sur Sud Radio dans son rendez-vous du 12h-14h, "Bercoff dans tous ses états", pour son livre "Les écologistes contre la modernité" (éd. Presses de La Cité).

Ferghane Azihari
Ferghane Azihari, invité d’André Bercoff dans "Bercoff dans tous ses états" sur Sud Radio.

Dans son dernier livre, "Les écologistes contre la modernité", Ferghane Azihari défend le point de vue de la philosophie libérale en matière de protection de l'environnement, face à une écologie politique nostalgique d'une certaine pensée rousseauiste.

Les pieds dans le plat. C’est l’expression qui pourrait le mieux s’appliquer au dernier livre de Ferghane Azihari. Le délégué général de l’Académie libre des Sciences Humaines publie aux éditions des Presses de la Cité un ouvrage particulièrement critique contre la pensée écologiste du moment, "Les écologistes contre la modernité". Un essai qui analyse, et qui finalement déconstruit, les dogmes écologistes mis en avant depuis des dizaines d’années maintenant.

Le diagnostic erroné de l'écologie politique

"La spécificité de l’écologie politique en tant qu’idéologie ne réside absolument pas dans une sensibilité à l’environnement. Cette sensibilité est en réalité partagée par tous. Personne n’a jamais dit "j’aime la pollution". Cette sensibilité est universelle et traverse les âges depuis l’Antiquité. Ces problèmes ne sont pas nouveaux. Et leur dénonciation n’est pas nouvelle. Ce qui change avec l’écologie politique, c’est cette manière de poser le diagnostic, et d’envisager des solutions. L’écologie politique est d’abord et avant toute chose une critique de la société industrielle", explique Ferghane Azihari au micro d’André Bercoff, sur Sud Radio. Le contexte est posé.

L’auteur de "Les écologistes contre la modernité" s’oppose donc à ce principe, hérité de Rousseau, selon lequel c’est le progrès économique et social qui serait à l’origine de tous les maux de la planète, en opposition avec des sociétés plus primaires et moins industrialisées qui entretiendraient une meilleure harmonie avec la nature. "Souvenons-nous que la civilisation industrielle nous a délivrés de la famine, de l’ignorance et de la pénibilité, mais qu’elle nous a aussi affranchis d’un environnement bien plus toxique que celui que nous habitons aujourd’hui. Il n’y a donc pas lieu d’opposer la croissance économique et la qualité de l’environnement", ajoute Ferghane Azihari.

Les contradiction des écolos

La pollution des gaz à effet de serre, le nucléaire, le charbon. Pour les écologistes, toutes ces causes de pollution se sont ajoutées à d’autres, plus anciennes. "C’est tout à fait relatif. On a échangé les anciens risques contre de nouveaux maux. Maintenant, quand on regarde aujourd’hui les victimes liées à la pollution, on constate que partout où le développement économique prend place, ces victimes diminuent. Les pays pauvres s’enrichissent, les populations ont accès à des énergies plus propres. Bien sûr cela ne revient pas à nier les nouveaux défis à affronter, comme le changement climatique, mais il faut se garder de ne pas se laisser envahir par cette nostalgie pré-industrielle", lance sur Sud Radio Ferghane Azihari.

Ce dernier dénonce également la manière de faire des écologistes, et leur forme de bipolarité. "Chaque fois que les écologistes soulignent un problème, ils mènent également une guerre intense contre les solutions les plus crédibles contre ce problème-là. On ne peut pas comprendre cette dissonance si on ne la met pas en lien avec les arrière-pensées antimodernes, rousseauistes, anticapitalistes, qui irriguent ce discours-là depuis le début", analyse encore Ferghane Azihari face à André Bercoff.

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