Le président du groupe PS au Sénat, Didier Guillaume, était l’invité, mercredi, de Territoires d’Infos sur Sud Radio et Public Sénat. Il veut voir le Parti socialiste aider Emmanuel Macron "à réussir"

Didier Guillaume ne s’en cache pas, il souhaite voir le Parti socialiste rejoindre la majorité présidentielle au Parlement. "Il ne faut pas perdre notre identité mais il faut avancer", a déclaré le président du groupe PS au Sénat qui veut aider Emmanuel Macron "à réussir" car le programme affiché par président de la République contient "plein de sujets qui (lui) vont". "Ce qui me plait dans le projet d’Emmanuel Macron, c’est qu’il va faire travailler comme nous le faisons dans nos mairies : on travaille avec les gens qui sont d’accord sur le projet municipal. En France, ça doit être la même chose. Ceux qui sont d’accord avec le projet du président de la République doivent travailler ensemble", détaille l’élu. 

Un gouvernement qui "marche sur ses deux pieds"

Didier Guillaume va même plus loin. Selon lui, le PS fait déjà partie de "cette majorité car Emmanuel Macron est un progressiste qui porte beaucoup de nos idées". "Les premières mesures proposées par le président de la République correspondent totalement avec ce que nous avons fait dans le précédent quinquennat", se justifie le sénateur. L’élu se targue également de vouloir se mettre au diapason du choix des électeurs qui "nous ont quittés depuis très longtemps". "Les Français veulent dépasser les clivages partisans, ils veulent effacer la vieille politique, ils veulent peut-être que  les femmes et les hommes politiques s’occupent plus d’eux parce qu’ils ont le sentiment que ce n’est pas le cas", ajoute Didier Guillaume.

Néanmoins, cette recomposition de la vie politique ne signifie pas pour le sénateur de la Drôme la fin de la droite et de la gauche "qui continueront toujours d’exister". "Ne fallait-il pas que ces deux partis se rénovent ?", s’interroge l’élu qui admet qu’Emmanuel Macron est en passe de réussir à faire imploser le Parti socialiste et Les Républicains

À quelques heures de l’annonce du nouveau gouvernement, reportée d’un jour afin de vérifier la situation des futurs ministres, Didier Guillaume veut donc voir naître un gouvernement qui "marche sur ses deux pieds" avec "plusieurs ministres de gauche", des personnalités de droite et des membres de la société civile. "On ne peut pas faire comme si Marine Le Pen n’avait pas eu 11 millions de voix, comme si on ne s’était pas mobilisés pour la battre au deuxième tour, comme si tout le monde n’était pas allé dans ce front républicain (…). Il faut que ça soit un gouvernement équilibré"

"Il faut aller vite"

Au cœur du pouvoir législatif, Didier Guillaume ne s’offusque pas de voir Emmanuel Macron vouloir réformer le code du travail par ordonnances dans les premiers mois de son quinquennat. "Avoir recours aux ordonnances, ce n’est pas court-circuiter le Parlement. Il y a une discussion parlementaire, la loi d’habilitation sur les ordonnances, le fond du texte sera connu, défend l’élu socialiste. Je pense qu’il faut aller vite. On s’est plaint dans le précédent quinquennat qu’un an, un an et demi, c’est trop long pour voter une loi". Pour autant, le président du groupe PS au Sénat souhaite qu’il y ait de la concertation entre les différents acteurs. 

Interrogé sur un possible report en 2018 des élections sénatoriales, prévues initialement en septembre 2017, Didier Guillaume maintient qu’il n’y a pas d’autres solutions pour voir appliquée la réduction du nombre de parlementaires. "La proposition sur laquelle j’avais travaillé, c’était de repousser les élections sénatoriales de 2017 à 2018. Ceux élus en 2018 sont alors élus pour trois ans et on fait un renouvellement global en 2021", explique le président du groupe PS. Une solution a priori écartée pour le moment par Emmanuel Macron. 

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