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Départ de Marion Maréchal-Le Pen : le FN entre surprise et compréhension

Par Benjamin Jeanjean

Alors que Marion Maréchal-Le Pen a rendu publique sa décision de renoncer à ses mandats d’élus et de se retirer de la vie politique, les réactions se succèdent au sein du Front national, qui voit l’une de ses figures montantes quitter la scène.

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Elle avait déjà laissé planer le doute pendant la campagne présidentielle, une campagne où certains observateurs l’avaient d’ailleurs trouvé plus ou moins discrète. Mardi soir, Marion Maréchal-Le Pen a mis fin au suspense en confirmant ce qui se chuchotait : son retrait de la vie politique active et de ses mandats électifs. La jeune députée du Vaucluse, benjamine de l’Assemblée nationale du haut de ses 27 ans, met ainsi fin (provisoirement ?) à une trajectoire politique fulgurante qui l’avait vu passer en quelques années à peine de totale inconnue du grand public à star montante du Front national. Pour les cadres du parti, cette décision, justifiée par des raisons personnelles, est toutefois compréhensible.

Marine Le Pen et Florian Philippot comprennent cette décision

"Comme dirigeante politique, je regrette profondément la décision de Marion mais hélas, comme maman, je la comprends", a ainsi indiqué Marine Le Pen sur son compte Twitter

Même son de cloche chez Florian Philippot, qui a salué une décision "respectable" de la part de celle à qui il a pourtant souvent été opposé à l’intérieur du Front national. "Ce n’est pas une décision politique, c’est de l’ordre privé. C’est une jeune maman qui veut profiter de sa fille qu’elle a peu vue. C’est une décision qui est tout à fait respectable mais qui est fondée sur des motifs privés. Elle souhaite avoir une autre expérience que la politique ou le mandat. Je trouve ça respectable", a-t-il déclaré sur BFMTV

Député européen, Bruno Gollnisch a, lui, regretté ce choix tout en ne perdant pas espoir de voir Marion Maréchal-Le Pen revenir un jour dans l’arène politique. "Je le regrette. Je pense qu’on a besoin d’elle, aussi au Parlement. Elle a été une excellente députée. J’espère qu’elle reviendra à un moment ou à un autre dans le débat politique", a-t-il déclaré.

Invité ce mercredi du Grand Matin Sud Radio, Hervé de Lépinau, suppléant de Marion Maréchal-Le Pen dans sa circonscription du Vaucluse, a confirmé la dimension familiale de ce choix. "Marion est une jeune maman, elle a pu constater que la vie politique est particulièrement violente et chronophage. Elle ne souhaite pas passer à côté de cet événement unique et d'accompagner un enfant dans sa croissance. C'est le rôle naturel de toute mère", a-t-il expliqué. 

Pour David Rachline et Robert Ménard, le FN a d’autres ressources pour faire face

Directeur de campagne de Marine Le Pen pour cette présidentielle, David Rachline a de son côté préféré rester positif. "Ce ne sont pas des désaccords, c’est une envie d’évolution personnelle. Le mouvement en général est riche de sa diversité. D’autres personnes incarnent aussi cette sensibilité", a-t-il déclaré au Monde.

Une méthode Coué qui se retrouve également dans l’analyse de Robert Ménard, maire (RBM) de Béziers, qui pointe également la responsabilité de la situation familiale particulière des Le Pen dans cette décision. "Elle n’avait pas envie d’incarner l’affrontement, elle a déjà assez vu sa famille se déchirer entre le grand-père et la tante… Mais elle incarne une position et une ligne qui est majoritaire au Front national ! (…) Personnellement, je pense que la politique n’est pas entièrement sa vie, et puis peut-être qu’elle n’a pas envie d’affronter sa tante. Je pense toutefois que cette droite identitaire et plus libérale sur les questions économiques n’est pas totalement orpheline car l’immense majorité du FN pense cela. Je suis persuadé qu’avec cette défaite électorale, Marine Le Pen a pris conscience de cela", a-t-il confié sur le plateau de BFMTV.

Jean-Marie Le Pen : "Une désertion, une décision désolante"

S’il y en a un en revanche qui ne digère pas de voir Marion Maréchal-Le Pen quitter la scène politique, c’est bien son grand-père Jean-Marie Le Pen. Celui qui fondait de grands espoirs sur sa petite-fille a confié au Figaro toute sa surprise. "S'il n'y a pas une raison gravissime à cette décision, je considère que c'est une désertion. (…) Évidemment, on ne m'a pas demandé mon avis mais si on me le demandait, j'y serais totalement hostile. Chacun est maître de son destin. Je ne suis pas à sa place. J'avais un peu insisté pour qu'elle soit candidate et elle avait été couronnée de succès. Si elle se retire de la ligne de combat maintenant, cela me désole. (…) Cela va créer une grande déception. Bien au-delà de la région Paca, Marion représentait un espoir d'avenir pour pas mal de militants et d'électeurs du Front national. (...) J'ai été sévèrement battu. J'ai obtenu 0,74% des voix à une présidentielle mais je ne me suis pas retiré, et j'ai continué à me battre. Je pense que Marion aurait du prendre cette décision avant ou attendre un peu car nous sommes en campagne électorale. Le pays attend le verdict des urnes. Qu'en pleine bataille législative, l'une des vedettes les plus aimées et admirées du mouvement défaille, cela peut avoir des conséquences terribles. J'espère qu'elle les a mesurées. En pleine bataille politique, je trouve cette décision désolante", a-t-il fustigé.

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