Corse : FN et LR dénoncent la "cacophonie" et le manque de "solidité" du gouvernement

Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement (©STEPHANE DE SAKUTIN - AFP)

La visite d’Emmanuel Macron ce mardi en Corse ne démarre pas sous les meilleurs auspices pour la majorité présidentielle, qui a du mal à cacher ses divergences sur le sujet du nationalisme corse.

Les sons de cloche diffèrent au sein du camp gouvernemental sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la Corse. Alors que les nationalistes Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, à la tête de la région, réclament plus d’autonomie pour l’île de Beauté, le président de la République Emmanuel Macron doit se rendre ce mardi sur place pour un déplacement extrêmement attendu. Mais si le président de l’Assemblée nationale François de Rugy a dit être "favorable à un dialogue avec la Corse (...) pour aller vers plus d'autonomie", le leader de La République En Marche, Christophe Castaner, a fait entendre un avis différent en désavouant six élus macronistes suite à leur soutien à une résolution nationaliste corse. 

Platret (LR) : "Un embrouillamini de propos contradictoires émanant du camp présidentiel"

Porte-parole des Républicains, Gilles Platret s'inquiète de ce manque de clarté de la part de la majorité présidentielle. "Ce qui prédomine du côté du gouvernement c’est la cacophonie. On a le sentiment qu’aucun cap n’est fixé, c’est un embrouillamini de propos contradictoires émanant du camp présidentiel. Face à des situations très tendues sur le plan local, la République française doit faire preuve de clarté si elle veut maintenir son unité et son indivisibilité. Il ne peut pas y avoir de relation apaisée avec la Corse lorsqu’on tient dans le camp présidentiel 36 langages différents", fait-il remarquer au micro de Sud Radio.

Un point de vue notamment partagé par Gilbert Collard, député apparenté FN du Gard. "Le président de l’Assemblée nationale dit une chose, M. Castaner en dit une autre… Où est la direction d’un État fort ? C’est une pantomime dans laquelle on a du mal à voir une solidité politique. M. de Rugy a selon moi une responsabilité très lourde, c’est un discours qu’il ne devrait pas tenir en tant que président de l’Assemblée nationale puisqu’il doit être garant de la cohésion nationale. On peut avoir le souci de défendre la culture régionale – et c’est mon cas – mais l’unité de l’État est primordiale. On ne peut pas laisser introduire dans la vision de l’État des éléments de division", déclare-t-il sur Sud Radio.

Collard : "La ligne rouge, ce serait ce que fait précisément M. de Rugy"

Selon lui, le chef de l’État doit faire bien attention à ne pas franchir de ligne rouge. "La ligne rouge, ce serait ce que fait précisément M. de Rugy : laisser entendre que la République est divisible ! Qu’il montre son respect pour la culture et les traditions d’une terre, oui. Mais à condition de rappeler que toutes nos provinces sont dans la France ! Il ne faut pas confondre l’unité de la nation avec le respect des traditions", insiste-t-il.

Propos recueillis par Benjamin Glaise

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