Coronavirus: Didier Guillaume, "très préoccupé" pour le commerce agricole

Le ministre de l'agriculture Didier Guillaume était l'invité du "petit déjeuner politique" de Patrick Roger, jeudi 27 février, dans ce grand matin Sud Radio en direct du Salon de l'agriculture, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Didier Guillaume interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le jeudi 27 février à 7h40.

Le coronavirus a causé la mort d'un premier patient en France. Didier Guillaume reconnaît "une situation préoccupante" même si d'après lui, "il ne s'agit pas d'effrayer nos concitoyens". "Le gouvernement a pris la mesure de cette situation, le Premier ministre a mis en place une cellule de crise, il rencontre les chefs de partis", rassure-t-il.

 

"L'heure n'est pas à la polémique", affirme le ministre de l'Agriculture, qui appelle à "une unité nationale, car cela peut être une immense crise". Il précise qu'il n'y a "aucun flou de la part du gouvernement et des autorités sanitaires". "Le rationnel doit l'emporter. Quand il n'y a pas de risque sanitaire, ne cédons pas à la panique", précise-t-il.

 

Des conséquences sur l'agriculture française

Si l'agriculture pour l'instant "n'est pas directement concernée", Didier Guillaume est sur le pied de guerre. "Je suis en contact avec le Premier ministre et ses services, le ministre de la santé et ses services. Pour l'instant, rien n'est avéré que cette maladie peut se transmettre d'animal en animal. À l'heure où nous parlons, il n'y a pas de transmission par l'animal", rassure-t-il. "Peut-être que demain des études montreront autre-chose, personne ne veut mettre la poussière sous le tapis, la transparence totale est indispensable", prévient le ministre de l'Agriculture.

Les conséquences économiques pour la filière risquent d'être importantes. "Cela me préoccupe beaucoup. Avec la fermeture de la Chine, nous avons beaucoup de containers de viande, de porc et de viande bovine qui sont bloqués". Le ministre annonce avoir rencontré hier l'ambassadeur de Chine en France, "pour essayer de voir comme faire les choses. Nous envisageons les routes de la soie par le train". "Cela serait beaucoup plus long, mais si nous avons les autorisations peut-être pour passer par la Russie, on peut acheminer des produits par le train. Parce-que la Chine va avoir un problème, peut-être, de début de pénurie alimentaire", affirme Didier Guillaume. "Par mesure de sécurité, les produits sont bloqués mais l'objectif est d'arriver à débloquer d'une façon ou d'une autre l'approvisionnement", ajoute-t-il.

L'autre préoccupation concerne la filière du lait. "Nous exportons beaucoup de lait, ou de la poudre de lait, et ça peut être un danger pour la filière", prévient-il. "Si nous arrêtions d'exporter du lait, ça poserait un vrai problème pour nos éleveurs laitiers qui n'en ont pas besoin", confie le ministre de l'Agriculture.

Une réforme des retraites bénéfique aux agriculteurs ?

Chahuté lors de sa visite au salon de l'agriculture, Emmanuel Macron "continue de se battre pour maintenir de bonnes aides", affirme son ministre. "Je me suis réjouis de l'échec de la négociation de la PAC car l'accord aurait été mauvais", confie-t-il. Sur le sujet des retraites, Didier Guillaume estime que le Président de la République "n'a pas été gêné en parlant des retraites des agriculteurs". "Le nouveau régime universel permettra de prendre en compte les carrières hachées des agriculteurs !", affirme-t-il.

Après la diffusion d'une nouvelle vidéo de la part de l'association animaliste L214, Didier Guillaume affirme que "s'il y a mensonge, c'est de la part de L214 !". Il annonce avoir "demandé des éléments pour savoir si l'abattoir de Dordogne respectait les règles". Une nouvelle enquête sur cet abattoir a été diligentée. "Je n'ai pas menti, j'ai donné les éléments que j'avais à ma connaissance. S'il y a des problèmes, je prendrai mes décisions", affirme-t-il. "Le lanceur d'alerte est important, mais le militant anti-viande ne doit pas être de mauvaise foi. Je n'accepte pas qu'on me traite de menteur", insiste le ministre qui précise "être là pour objectiver et prendre mes responsabilités comme toujours". 

Alors que les sénateurs ont publié leur rapport sur le bio, Didier Guillaume estime qu'il s'agit "d'un rapport politicien qui ne tient pas compte du réel". "Aujourd'hui il y a un plan Ambition Bio de plus d'un milliard d'euros ! Nous sommes à 10% de bio, notre objectif est de 15%", annonce-t-il. "Aujourd'hui le bio en France est en train de se développer comme jamais !", se félicite t-il.

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