Convention climat : "Je ne sais pas comment nous finançons nos mesures"

Julien Blanchet, rapporteur général de la convention citoyenne sur le climat et vice-président du CESE, Conseil économique, social et environnemental, était interviewé dans "le coup de fil du matin" sur Sud Radio le 19 juin. "Le coup de fil du matin" est diffusé tous les jours à 7h12 dans la matinale animée par Cécile de Ménibus et Patrick Roger.

Le Premier ministre Édouard Philippe lors du lancement de la Convention citoyenne pour le Climat, le 4 octobre 2019 à Paris (Ian LANGSDON - POOL/AFP/Archives)

L’addition est verte, mais salée. Dans ses 150 propositions dévoilées pour changer la société, la Convention climat prône une écologie radicale afin de réduire d'au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici à dix ans.

 

Le choc du changement climatique

Rénover les passoires énergétiques, prohiber les publicités pour les véhicules très polluants, limiter à 110 km/h la vitesse sur autoroute… Les propositions chocs ne manquent pas. Il devrait en rester une trentaine à la fin du week-end. "Aujourd’hui, nous avons entre 140 et 150 positions, rassemblées en une cinquantaine d’objectifs, détaille Julien Blanchet, rapporteur général de la convention citoyenne sur le climat et vice-président du CESE. Ces citoyennes et citoyens tirés au sort depuis neuf mois ont auditionné 140 experts, formulé les objectifs qu’ils se fixent et demandent au Président et au gouvernement de suivre".

"Je sais pas ce que veut dire une position choc, le changement climatique est un choc, estime Julien Blanchet. Cette convention vient du mouvement des Gilets jaunes, du Grand débat. Les membres de la Convention étaient face à un mandat : comment limiter les émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice sociale ? Pour cela, soit ils activaient un seul levier et l’on fait tomber tout un pan de notre économie, soit on active des leviers multiples, dans un esprit de justice sociale".

Croissance ou décroissance ?

Le cap de la décroissance est-il approprié dans la période que nous vivons, avec une crise économique qui va supprimer des centaines de milliers d’emplois ? "Quand la convention prône une obligation de rénovation du bâtiment, c’est un marché de milliards d’euros. Ce n’est pas de la décroissance", estime le rapporteur général de la convention citoyenne.

Qui va payer ? "Je ne sais pas comment nous finançons nos mesures. Il y a la dette, on voit que c’est un levier activable. Ce peut être revoir les niches fiscales. Les choses ne sont pas grises ou noires. L’État cherche à réenclencher la production. Mais comment ne pas faire comme en 2008, avec une explosion des émissions de gaz à effet de serre ?" On veut à la fois réduire nos émissions et relocaliser la production. N’est-ce pas paradoxal ? "En France, nous sommes capable de produire de façon plus décarbonée que dans d’autres pays. La relocalisation est une partie de la réponse".

 

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