Christian Estrosi : "On est en train de faire les poches des retraités"

Christian Estrosi, maire Les Républicains de Nice, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

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Édouard Philippe a justifié mardi la hausse des taxes sur les carburants au nom de la transition écologique. Pourtant, entre les prix à la pompe et le prix du gaz, le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes est fortement impacté, au point que des voix appellent le gouvernement à revoir sa copie, au moment de l'étude à l'Assemblée nationale du projet de loi de finances pour 2019.

Invité du Grand Matin Sud Radio, Christian Estrosi est de ces personnes qui estiment que le gouvernement va trop loin, trop vite : "Édouard Philippe cherche, et je soutiens cette démarche, à aller le plus vite possible vers la transition écologique. Mais il y a plusieurs façons de le faire. J’ai toujours considéré que lorsqu’on nous imposait quelque chose, on se l’appropriait difficilement, mais que lorsqu’on offrait des mesures alternatives, les gens y venaient naturellement, sans y être obligés."

Je demande qu'on ré-indexe les pensions de retraite sur le coût de la vie. C'est un impératif. Nous le devons à nos séniors

Et le maire de Nice de citer en exemple son action municipale : "Quand je mets en service de nouvelles lignes de tramway, en même temps, je mets des parc relais où le coût du stationnement est de 2 euros, comprenant l’aller-retour en tramway. Au début, il est rempli à 10, 15 % de véhicules et tout doucement, il se remplit et aujourd’hui je suis obligé d’en construire de nouveaux. Tout doucement, les gens se les sont appropriés."

Une méthode incitative qu'il faudrait, explique-t-il, reproduire au niveau national. "Inciter au véhicule électrique, d'accord, mais ça coûte cher un véhicule électrique. Il faut un accord avec l’État pour qu’il y ait la gratuité des péages pour les véhicules électriques sur les autoroutes, a proposé Christian Estrosi. Si à un moment, en faisant cet investissement, on sait qu’on va l’amortir très vite par rapport aux énergies fossiles, la transition se fera."

Policiers municipaux dans les écoles : "Une totale réussite"

Pour le moment, en revanche, le gouvernement choisit de taper au porte-feuille. "J'ai l'impression qu'on est en train de faire les poches des retraités", a lancé le maire de Nice Christian Estrosi, les jugeant "premières victimes" de la hausse du carburant : "Je demande qu'on ré-indexe leurs pensions sur le coût de la vie, c'est un impératif, nous le devons à nos seniors."

 

 

Autre exemple niçois mis en avant par Christian Estrosi, celui de la présence de policiers municipaux dans les écoles de la ville. Rendue possible, à titre expérimental, avec l'accord du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, le maire de Nice a assuré que c'était une "totale réussite".

Chez moi, à Nice, il y a des menus de substitution, j'y suis très attaché

"Pour cette rentrée scolaire, nous avons le feu vert du ministre pour une généralisation dans toutes les écoles où les conseils se prononceront favorablement, a-t-il ajouté. Étre à l'intérieur de l'école, se familiariser avec le corps enseignant, avec les parents d'élèves, les élèves, être à disposition, faire la reconnaissance le matin pour voir s'il n'y a pas eu d'intrusion... Tout ça, c'est positif."

 

Interrogé sur la décision de la justice imposant à Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, de rétablir des menus de substitution dans ses cantines scolaires, Christian Estrosi a défendu le droit des maires d'administrer leurs cantines scolaires comme ils l'entendent, même s'il ne partage pas la position de son confrère : "Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le fait que l’on conteste au maire la décision qui a été la sienne à Chalon, même si je ne la partage pas. Chez moi, il y a des menus de substitution, j’y suis très attaché. Je veux qu’on puisse, dans le respect de la laïcité, offrir à tous le choix, à condition que ce ne soit ni halal, ni casher."

 


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