Calmels : "Macron libéral ? C'est une blague, il est social-démocrate jusqu'au bout !"

Virginie Calmels, vice-présidente des Républicains

La vice-présidente des Républicains Virginie Calmels était l’invitée politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio.

Quelle place pour Les Républicains dans la grande mosaïque de l’opposition politique à Emmanuel Macron et son gouvernement ? Alors que la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon organise ce samedi la "Fête à Macron" pour dénoncer la politique menée par l’exécutif, la vice-présidente du parti de droite, Virginie Calmels, était l’invitée politique de Michaël Darmon ce samedi sur Sud Radio. La première adjointe au maire de Bordeaux justifie l’absence des Républicains à cet événement.

"On voit bien le jeu facile de Macron et de Mélenchon de se renvoyer la balle"

"Nous sommes un parti de gouvernement (le dernier qui soit encore vraiment debout) mais nous ne sommes pas dans l’outrance. On voit bien le jeu facile d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon de se renvoyer la balle. C’est confortable pour Emmanuel Macron d’avoir Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen comme opposants. Nous ne voulons pas forcément faire du bruit, des attaques ad hominem ou de l’opposition systématique. Nous voulons montrer aux Français qu’il y a une autre voie possible pour sortir la France de l’ornière", déclare-t-elle.

Et pour elle, cela passe nécessairement par une autre politique économique. "Le premier des leviers, c’est la baisse de la dépense publique pour baisser l’impôt, et Emmanuel Macron fait le contraire ! Il arrive au gouvernement et continue la matraquage fiscal en augmentant la pression fiscale sur les ménages : 4,5 milliards d’impôts supplémentaires en 2018 selon l’Insee ! Il prend le problème à l’envers : les dépenses de l’État et la pression fiscale continuent d’augmenter. Il est donc dans la droite ligne d’une politique social-démocrate déjà menée par François Hollande", ajoute-t-elle.

"Arrêtons de dire que Macron est très libéral, il est très étatiste"

L’ancienne chef d’entreprise soutient ainsi qu’Emmanuel Macron ne peut pas être qualifié de libéral. "C’est une blague, il est social-démocrate jusqu’au bout des ongles ! Il fait la politique que Matteo Renzi a pu mener en Italie. Quand vous augmentez massivement la CSG, quand vous augmentez de 4,5 milliards l’impôt sur les ménages en 2018, quand vous ne baissez pas la dépense publique et le déficit (2,6% en France, mais 0,3% dans la zone euro)… La France est le mauvais élève de la zone euro : une dette équivalente à 97% du PIB, une croissance inférieure, etc. Nous avons 8,9% de la population active qui est au chômage, contre 4,6 en Angleterre et 3,6 en Allemagne. Quand on se compare aux autres pays, on a un énorme problème. Arrêtons donc de dire qu’Emmanuel Macron est très libéral. Il est très étatiste, il pense que tout doit passer par l’Élysée, il veut centraliser les pouvoirs, etc. Je suis girondine et je crois en la décentralisation. Lui fait le contraire, il veut concentrer les pouvoirs et diminuer ceux du Parlement", avance-t-elle.

Prenant l’exemple de l’exit tax, que le gouvernement songe à supprimer, Virginie Calmels dénonce une politique fiscale mal ciblée. "La libérale économique que je suis veut évidemment abaisser la pression fiscale sur tout le monde, mais je pense qu’Emmanuel Macron gère très mal son timing. C’est évidemment une provocation. On est dans un conflit social important, et il fait une politique fiscale qui est en fait un jeu de bonneteau puisqu’il ne baisse pas la dépense publique ! On trompe les Français. (…) Je pense qu’on légifère trop dans notre pays et que beaucoup de lois ne sont pas appliquées. On est trop dans le punitif. Je suis plutôt pour que notre pays redevienne attractif. Pourquoi y a-t-il de l’évasion fiscale ? Parce que notre taux de prélèvements obligatoires est trop important et qu’on n’est pas compétitifs par rapport aux autres ! Quand on a 55% du PIB en dépenses publiques et qu’on est supérieurs de dix points aux autres pays de la zone euro, on a un problème. C’est ça qu’il faut traiter, ce n’est pas tant de supprimer une taxe qui portait sur une minorité", plaide-t-elle.

"La castration chimique n’est sûrement pas le bon terme"

Celle qui est aujourd’hui la n°2 du parti Les Républicains derrière Laurent Wauquiez a également commenté la proposition de ce dernier de castrer chimiquement les délinquants sexuels. "J’en ai marre de voir régulièrement des crimes, des délits, des récidivistes, et qu’on nous dise «Dormez braves gens, on ne peut rien faire». Laurent Wauquiez est dans son rôle quand il émet des propositions. "Castration chimique" n’est sûrement pas le bon terme, mais l’idée est d’expliquer qu’au fond, on veut arrêter d’avoir des récidivistes. Et les Français sont d’accord avec ça ! Il est important de faire des propositions et d’arrêter de rester les bras croisés", assure-t-elle.

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