Brice Hortefeux : "Il faut changer la doctrine de maintien de l’ordre"

Brice Hortefeux, ancien ministre, député européen et vice-président du conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, était l’invité politique de Patrick Roger le 18 mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

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Les Champs-Elysées ravagés, encore une fois, les boutiques pillées, le Fouquet’s vandalisé… Défaillance ou inévitable ? "Il y a des interrogations qu’on ne peut écarter, estime Brice Hortefeux. Tout ceci pose la question des ordres et de l’organisation". En fait, estime Brice Hortefeux, c'est la crainte qu'il finisse par y avoir une victime parmi les manifestants qui paralyse les autorités : "après le drame Malik Oussekine, la technique était de ne plus aller au contact. C'est efficace pour des manifestations, mais inefficace en cas d'émeutes, et nous sommes désormais dans ce cas. Il faut faire évoluer cette doctrine de maintien de l'ordre".

L'extrême-gauche coupable

Pour l’ancien ministre de l’Intérieur, "tout ceci a abouti à ce spectacle inouï. En Europe, on nous regarde les yeux écarquillés. Sur l’avenue la plus connue et touristique du monde, on n’est pas capable d’assurer la sécurité et la tranquillité. Cela laisse pantois". Mais alors, qui est responsable ? "Je suis totalement abasourdi d’apprendre que le président de la République va annoncer des décisions fortes au bout de 18 week-ends ! Cela ne s’est jamais produit, 18 semaines durant lesquelles s’enchaînent désordres, casses et pillages. Il faut tirer les leçons des dysfonctionnements, que les responsables les reconnaissent et en tirent les conséquences".
Qui est responsable de ces pillages ? "En l’occurence, c’est l’extrême-gauche. Dire que c’est l’extrême-droite était une erreur. Les partis politiques ont une grande responsabilité. Il aurait fallu une condamnation claire dès le départ de toutes les forces politiques. Mais ni le RN ni LFI ni Dupont Aignan n’ont été clairs, ils ont même été très ambigus. Nous avions, nous l’opposition, proposé la loi anti-casseurs et le retour à l’état d’urgence. Mais on ne fait pas voter une loi pour saisir le Conseil constitutionnel ensuite. C’est la caricature de l’hypocrisie".

Interpeller les manifestants

Quelle solution prône l’ancien locataire de la place Beauvau ? "La solution tardive, mais indispensable est désormais d’interdire les manifestations, dès lors qu’elles ne sont pas autorisées et déclarées. Il y a des règles et elles s’appliquent à tous. On empêche les manifestants d’accéder, on les interpelle. Il y a sans doute eu 9.000 interpellations depuis le début du mouvement, 400 mandats de dépôt, soit à peine 5%. La police fait son travail, mais comme toute condamnation de moins d’un an n’est pas appliquée, les gens restent dehors".

 

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