Bernard Tapie : "Je n'ai pas coûté un centime aux contribuables"

Bernard Tapie
Bernard Tapie interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 11 mars à 7H40. EMMANUEL DUNAND / AFP

Bernard Tapie était l’invité politique de Patrick Roger le 11 Mars sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Invité politique du grand matin Sud Radio, Bernard Tapie se bat encore et toujours dans l’affaire liée à la revente d’Adidas, il y a 25 ans. Il promet de mettre en avant des documents issus des archives du Crédit Lyonnais. Son procès pour "escroquerie" va s’ouvrir après l'arbitrage qui lui avait octroyé 403 millions d'euros en 2008. Bernard Tapie, aujourd’hui âgé de 76 ans, en est par ailleurs persuadé : son cancer de l'œsophage et de l'estomac sont "directement liés" à cette affaire.

"Je n'ai pas coûté un centime aux contribuables"

Revenant sur la revente d’Adidas, Bernard Tapie rappelle l’origine de l’affaire : "Le Crédit Lyonnais conteste l’avoir fait dans mon dos. Personne ne conteste que le Crédit Lyonnais ait vendu quatre milliards quelque chose pour laquelle il avait un mandat pour deux. Je dois être un crétin total. On va prouver que je ne pouvais pas être au courant. Et qu’on arrête de dire que j’ai coûté de l’argent aux contribuables, c‘est une vraie connerie. L’État, via la banque nationalisée, a gagné beaucoup plus d’argent que j’en ai récupéré. Aujourd’hui, on n’en parle plus, puisque je n'ai rien récupéré. Adidas, quand je l’ai reprise, valait 500 millions, en bourse trois ans après valait 11 milliards de Francs. Aujourd’hui, elle vaut 30 milliards d’euros".

Des documents sauvés des incendies

Pour l’ex homme d'affaires, la décision de remettre en cause l'arbitrage de 2008 est politique : "Il y a trois ans, on annule l’arbitrage pour fraude. Mais c’est seulement demain que l’examen sur la fraude va se faire. On est quand même dans un pays bizarre. Sous le quinquennat d'Hollande, la justice et Monsieur Hollande, par des intermédiaires, faisaient bon ménage".
Lors de l'audience, Bernard Tapie annonce vouloir produire des documents rescapés des flammes et jusqu'ici négligés : "C’était des documents qui étaient dans les archives, et que les juges n’ont pas voulu prendre en considération. Je voudrais faire un peu d’histoire : le Crédit Lyonnais, banque d’État, a fait des magouilles toute son existence, surtout les dernières années. Que ce soit le siège social ou les entrepôts, tout a brûlé au Crédit Lyonnais, toutes les archives. Et les ardoises sur le passif laissé par le Lyonnais, c’est des milliards d’euros. Or, la police a estimé que cet incendie était criminel, puis la justice a classé sans suite. Manque de chance pour eux, Mme Joly, celle qui m’avait mis en examen six fois, avait fait quelques perquisitions juste avant. Et dans les archives, il y a plein de documents formidables, qui étaient déjà là pendant l’enquête, mais qui ne sont pas sortis. Nous, on va les sortir, et on verra comment ils seront confrontés".

"Je me suis fait beaucoup de bile"

Pour Bernard Tapie, cette affaire a gâché une partie de sa vie, et l’a directement rendu malade. Sa maladie est tout sauf étrangère à ce qu’il a vécu : "C’est directement lié. Les médecins vous disent que tous les cancers digestifs sont à 80% pour ce qu’on boit ou ce qu’on fume ou mange, et les 20% qui restent, pour ce que le dicton populaire appelle 'se faire du mauvais sang' ou 'se faire de la bile'. Eh bien moi j’ai pas bu, j’ai pas fumé, j’ai pas mangé beaucoup de gras, j’ai fait énormément de sport, mais je me suis fait beaucoup de bile !"
 


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