"Avec la loi Agriculture et Alimentation, c'est le producteur qui proposera son prix"

Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse et rapporteur du projet de loi Agriculture et Alimentation
Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse et rapporteur du projet de loi Agriculture et Alimentation ©Sud Radio

Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la Creuse et rapporteur du projet de loi Agriculture et Alimentation, était l'invité politique du Grand Matin Sud Radio.

L'Assemblée nationale adoptera ce mardi le projet de loi Agriculture et Alimentation. Un texte qui prévoit, notamment, "une inversion de la logique" dans la fixation du prix des produits agricoles, a indiqué Jean-Baptiste Moreau, agriculteur et député LREM de la Creuse, également rapporteur du projet de loi.

L'agriculture est le seul métier qui vend en-dessous de ses coûts de production. La vente à perte est normalement interdite, sauf en agriculture

 

 

"Pendant les états généraux de l'alimentation, on a mis autour de la table des personnes qui ne se parlaient plus, a poursuivi Jean-Baptiste Moreau. Dans cette loi, c'est le producteur qui va proposer un prix au premier acheteur, en prenant en compte ses coûts de production. Jusque-là, la distribution vendait un produit agricole ou agroalimentaire, elle prenait sa marge, le distributeur prenait sa marge et l'agriculteur avait ce qu'il restait. L'agriculture est le seul métier aujourd'hui qui vend en-dessous de ses coûts de production. La vente à perte est normalement interdite, sauf en agriculture où on ne couvre jamais ses coûts de production."

Michel-Édouard Leclerc est l'un des principaux responsables de la guerre des prix, de la faillite des filières agroalimentaires françaises

 

 

Cette loi ne fait pas l'unanimité pour autant, Michel-Édouard Leclerc, notamment, parlant "d'enfumage" : "Et c'est un professionnel qui le dit, on peut lui faire confiance ! C'est le roi de la comm. Ça fait 30 ans qu’il écume les plateaux de télé et de radio pour faire de la communication alors qu’il est un des principaux responsables de la guerre des prix, de la faillite des filières agroalimentaires françaises, que ce soit des agriculteurs ou des industries agroalimentaires. Il présente toujours les multinationales, comme Nestlé, comme des grands méchants, mais il faut savoir que ce sont des emplois non-délocalisables, qui sont sur le territoire. La comm pour le comm de Michel-Édouard Leclerc, on commence à en avoir assez."

Pour autant, cette nouvelle organisation risque de provoquer une hausse des prix et ne pourra pas se passer d'un véritable travail de pédagogie auprès des consommateurs qui, pour Jean-Baptiste Moreau, doivent devenir de "véritables consomm'acteurs" et en arriver à "consommer peut-être moins, mais mieux".

On n'a pas voulu l'inscrire dans la loi, mais on sortira bien du glyphosate dans trois ans

Une loi qui, en revanche, ne comprendra pas la promesse du président de la République d'interdire le glyphosate en France d'ici trois ans. Néanmoins Jean-Baptiste Lemoine assure que ce calendrier est toujours d'actualité.

"On n'a pas voulu l'inscrire dans la loi, mais on sortira bien du glyphosate dans 3 ans, a martelé le député LREM. Il y a une mission parlementaire qui vient de se lancer, dont je suis co-rapporteur. On va suivre pas à pas la task force mise en place par le gouvernement pour sortir du glyphosate dans trois ans. On accompagne toute la filière, les producteurs, la recherche, pour le faire."

 

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