Aurélien Pradié - "Cette réforme des retraites est un grand bluff"

Une "circulaire Castaner"qui sert les intérêts du parti plus que du pays, une réforme des retraites qui sonne comme un "grand bluff" et la droite comme force de propositions sur la pénibilité au travail. Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains et député du Lot, était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le mercredi 22 janvier sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 7h40.

Aurélien Pradié interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio le mercredi 22 janvier à 7h40.

Peut-on soutenir les coupures sauvages d'électricité à Paris, organisées par des grévistes ? "Non !" répond fermement Aurélien Pradié, qui dénonce une action "illégale". "On peut protester, manifester, il y a des raisons de le faire dans ce pays depuis plusieurs mois" nuance-t-il, "mais ça ne justifie pas des actes contraires à la loi". Pourtant, le député du Lot entend bien la colère des grévistes. "Emmanuel Macron et son gouvernement sont devenus des éléments irritants de notre société. Ils crispent notre société comme jamais, vous voyez l'écart abyssal qu'il y a entre le moment où Emmanuel Macron a été élu sur une promesse de grande concorde, du rassemblement et l'état dans lequel est le pays" note-t-il.

 

Il faut "un régime universel de pénibilité : 5 ans pénibles, 1 an de retraite gagné"

"Emmanuel Macron est venu avec ses petits muscles pour tout réformer. Mais cette reforme des retraites est un grand bluff, elle ne va pas au fond des choses" dénonce Aurélien Pradié, qui regrette que l'on n'ait "pas le début du commencement d'une solution de financement du régime de retraites", alors que le projet de loi devrait prochainement être débattu à l'Assemblée nationale. Pour Les Républicains, "il fallait une mesure d'âge, travailler plus longtemps parce qu'on vit plus longtemps", mais pas de la manière dont le prévoit le gouvernement. Pour le député LR, il faut "un régime universel de pénibilité : 5 ans pénibles, 1 an de retraite gagné", et la suppression de "ce qui ne marche pas aujourd'hui", le compte pénibilité. "Nous sommes pour la suppression des régimes spéciaux pour que tout le monde soit à la même enseigne" précise-t-il.

L'attitude du gouvernement déplaît fortement à Aurélien Pradié. "Ils ont la prétention d'avoir raison sur tout. Ils n'acceptent pas que l'on ait des propositions nouvelles" déplore-t-il. Alors pour s'opposer à la majorité, le député explique ne "pas se boucher pas le nez lorsqu'[il] pense que d'autres familles politiques ont les mêmes idées que [lui]". Une porte ouverte à des alliances de circonstance avec d'autres groupes parlementaires. "La gauche se soucie très peu du financement du système de retraite, à droite nous nous en soucions, parce qu'un système pérenne est un système qui est financé, nous avons des points de divergences" précise-t-il, même s'il conçoit "que le gouvernement fait l'unanimité contre lui".

 

PMA : "je refuse de choisir un camp"

Alors que les premières candidatures aux élections présidentielles de 2022 se déclarent, Aurélien Pradié assure que son parti a tiré les leçons des trois dernières défaites. "À droite, on ne manque pas de talents, nous sommes conscients de la responsabilité qu'on a eue dans les échecs aux trois élections précédentes" assure-t-il. Et les divergences sur l'adoption de la PMA dans la loi bioéthique ne doivent pas être un handicap. "On a le droit d'avoir des nuances, au sein de notre propre famille, il y a des sensibilités différentes sur la PMA. Nous ne sommes pas un parti de godillots comme LREM" lance le député du Lot, qui s'est abstenu à l'Assemblée nationale pour la voir "passer en deuxième lecture au Sénat". "Il y a des points qui me conviennent et d'autres qui ne me conviennent pas. Je n'ai pas de certitude sur ce sujet, voilà pourquoi je refuse de choisir un camp" confesse-t-il.

Le député LR déplore la manière dont les préfets sont changés de poste ces derniers jours. "Que des préfets soient loyaux au gouvernement c'est très bien, que l'on nous mette dans les départements des préfets politicards, ça me pose un problème" déclare-t-il. Car pour Aurélien Pradié, "le rôle des préfets doit être celui de l'intérêt général, ne pas être le porte-parole du gouvernement". Dans un même temps, l'élu rappelle que "la France doit être un pays de débat, pas des tribunaux". Alors qu'Éric Zemmour doit passer devant le juge pour son discours tenu lors de la Convention de la droite, Aurélien Pradié souligne que dans "les pays dans lesquels on essaie de contenir la pensée sont les pays où l'on pense le moins".

 

Rachida Dati est "la seule à avoir le caractère pour battre Anne Hidalgo"

La circulaire Castaner supprimant les étiquettes politiques pour les candidats aux municipales dans les communes de moins de 9.000 habitants est "un coup de blush pour limiter la casse" selon Aurélien Pradié. "Cela va faire basculer des dizaines de milliers de maires dans l'étiquette divers centre, donc LREM" annonce le député, qui déplore que Christophe Castaner "se soucie davantage de son parti que de son pays". Une manière, selon lui, "de truquer le résultat final de l'élection". 

À Paris, la consigne est claire : tous derrière Rachida Dati. La candidate LR dans la capitale serait "la seule à avoir le caractère pour battre Anne Hidalgo" estime-t-il. Et pas question d'avoir peur de Benjamin Griveaux, le candidat de la majorité présidentielle qui, "à cause de son arrogance, il doit plus avoir peur de lui-même que de ses adversaires". Le député du Lot souligne que "Paris était le bastion de la Macronie il y a encore quelques mois et aujourd'hui ils sont quasiment au fond du seau. Ça veut bien dire que cet élan de LREM était une bulle". 

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