Auf Wiedersehen, Frau Merkel !

Clap de fin pour Angela Merkel qui qui partira le 26 septembre à l’issue des élections fédérales après quatre mandats successifs à la tête de l’Allemagne.

La chancelière Angela Merkel. (STEFANIE LOOS / AFP)

16 années au pouvoir ponctuées de grandes mesures politiques comme la fin du nucléaire, et de crises, notamment économique ou migratoire. Durant ces années, la chancelière a su rester populaire auprès des Allemands. Pour Guillaume Duval, ancien rédacteur en chef d’Alternatives économiques et auteur de Made in Germany, le modèle allemand au-delà des mythes, la longévité de Merkel est en partie due aux réformes sociales qu’elle a entreprises:

"Si elle est restée populaire aussi longtemps, c'est parce qu'elle a beaucoup fait pour corriger les accrocs faits par son prédécesseur Gerhard Schröder au modèle social allemand. Elle a mis en place un smic, réformé la réforme des retraites pour permettre à beaucoup de gens pour partir plus tôt en retraite, elle a beaucoup modernisé la société allemande sous l'angle de la place des femmes dans le monde du travail, et notamment avec la mise en place de crèches. C'était vraiment une révolution pour l'Allemagne, pays où jusqu'ici les femmes restaient à la maison, en gros." - Guillaume Duval, auteur de "Made in Germany" joint par Capucine Japhet

 

Quel numéro de téléphone pour l'Allemagne demain?

À quelques jours du scrutin, les études d’opinion donnent les sociaux-démocrates du SPD à la première place à 25%, suivi de la CDU  (les chrétiens-démocrates, parti de la chancelière sortante) à 20%. Suivent les Verts à 15% puis d’autres partis entre 10 et 6% d’intentions de vote (FPD, AFD et Die Linke à 6%). Un accord entre trois partis pourrait alors voir le jour afin d’obtenir une majorité au Bundestag. Pour Edouard Husson, professeur des universités et spécialiste de l’Allemagne, cette configuration pourrait avoir un impact sur le couple franco-allemand:

"Les Français vont se trouver dans une situation inattendue: un chancelier relativement faible, face à eux, avec une coalition faite de trois partis, et non-plus deux. Le prochain chancelier n'aura pas l'autorité politique qu'avait Angela Merkel. Les Français vont être assez désemparés, car ils sont habitués à des chanceliers forts: avant Merkel, il y avait Schröder, Kohl... Les Français vont donc devoir apprendre à négocier avec des interlocuteurs multiples en Allemagne, un exercice tout à fait nouveaux auquel quelqu'un comme Emmanuel Macron n'est pas préparé." - Edouard Husson, professeur des universités joint par Capucine Japhet