Assemblée nationale : "La lutte des places, ça m'horripile les tripes" affirme Fabien Roussel

"Les Français ont réussi à faire une Assemblée nationale comme si la proportionnelle était là" selon Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord. Il était l'invité du “petit déjeuner politique” sur Sud Radio.

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Fabien Roussel interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 30 mai 2022, dans "le petit déjeuner politique". 

À l'Assemblée nationale, l'attribution des postes-clé continue, tandis que la priorité des Français est le pouvoir d'achat. Fabien Roussel a répondu aux questions de Patrick Roger.

 

Procès des attentats du 13 novembre : "Je suis plutôt fier de la justice de mon pays"

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’est terminé le 29 juin 2022 avec la condamnation de Salah Abdeslam à la perpétuité avec une période de sûreté incompressible, la peine la plus lourde prévue en France. "Ce fut un procès exemplaire, je suis plutôt fier de la justice de mon pays", déclare à ce sujet Fabien Roussel, secrétaire national du PCF. "Il y avait un véritable défi de faire entendre la parole des victimes. Et face à une telle barbarie, ce n’était pas évident."

"Et il fallait réussir à faire parler les auteurs pour que l’on puisse comprendre comment c’est possible", souligne le député du Nord. "Des réponses ont été apportées, une partie des réponses", estime-t-il. Comprendre est nécessaire pour mener le combat contre "ce terrorisme meurtrier, barbare".

 

"Les Français ont réussi à faire une Assemblée nationale comme si la proportionnelle était là, sans la proportionnelle"

Le 29 juin 2022, à l’Assemblée nationale, plusieurs votes pour des postes-clé ont eu lieu avec l’attribution de deux vice-présidences pour le RN et deux pour la Nupes. Une situation logique, pour Fabien Roussel : "les Français ont réussi à faire une Assemblée nationale comme si la proportionnelle était là, sans la proportionnelle".

Pour autant, "les batailles de postes, la lutte des places qui se mène à l’Assemblée nationale, ça m’horripile les tripes", souligne-t-il. "Je ne supporte pas ça". "Je laisse chacun à ses petites affaires, mais c’est très très loin de mes préoccupations."

Selon Fabien Roussel, "chacun veut avoir sur sa carte de visite" écrit une fonction qui lui donne de l’importance. Or, "les Français attendent de nous que dès le mois de juillet il y ait du sonnant et du trébuchant qui rentre dans leur porte-monnaie". Le député communiste du Nord rappelle que le litre d’essence "dépasse les 2,30 euros", tandis qu’à l’Assemblée nationale, il est toujours questions des postes-clé.

 

Fabien Roussel : "Nous pouvons tout de suite baisser le prix du litre d’essence de plus de 30 centimes"

Il explique avoir travaillé sur "un texte de loi dont le but est de baisser le prix du litre d’essence tout de suite, là, cet été". Pour ce faire, il veut baisser la TVA sur les carburants et supprimer la TVA qui s’applique sur la taxe TICPE. "Nous pouvons tout de suite baisser le prix du litre d’essence de plus de 30 centimes." La mesure serait financée en allant "chercher l’argent en taxant les dividendes des compagnies pétrolières".

"Est-ce que les députés En Marche sont prêts à voter ça ?", demande le député du Nord.

 

Présidence de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale : elle "revient à un des groupes d’opposition"

La présidence de la Commission des Finances à l’Assemblée nationale sera attribuée, par un vote, le 30 juin 2022. Selon le règlement de l’Assemblée nationale, elle "revient à un des groupes d’opposition", précise Fabien Roussel. Donc n’importe quel groupe hors celui majoritaire, donc en l’occurrence LREM. "Les groupes d’opposition entre eux choisissent le président de la Commission des Finances. Et c’est là où il y a un rapport de force."

Dans les groupes de la gauche, il y a eu un accord "pour présenter la candidature d’Éric Coquerel". "En fonction de ce vote, il y aura un président."

 

Loi pouvoir d'achat : "C’est des ristournes, des petits chèques, trois euros ici, un petit chèque là..."

Le gouvernement devrait présenter, avant la pause estivale, son projet de loi sur le pouvoir d’achat. Un texte qui ne convainc pas Fabien Roussel. "Il y a peanuts, dedans, encore une fois". "C’est des ristournes, des petits chèques, trois euros ici, un petit chèque là..." Selon lui, "les Français vont se rendre compte qu’ils ont voulu tout changer, et que rien ne change".

Il juge que "le seul moyen d’augmenter le pouvoir d’achat des Français, c’est d’augmenter les salaires", que ce soit le SMIC ou au-dessus.

 

 

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