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Après d'autres révélations, la situation encore plus précaire de Richard Ferrand

Par Jérémy Jeantet

De nouvelles révélations jettent un peu plus le trouble sur le rôle de Richard Ferrand et les bénéfices qu'ont eus ses proches qui ont gravité autour des Mutuelles de Bretagne.

Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires ©ERIC FEFERBERG - POOL - AFP

Il y a une semaine, le Canard Enchaîné révélait l'opération immobilière réalisée entre les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était directeur général, et sa compagne, Sandrine Doucen.

De nouvelles révélations de Mediapart, ce mardi, font un peu plus la lumière sur les dessous de cette opération et jettent un peu plus le trouble sur le rôle de Richard Ferrand dans cette affaire.

Impliqué personnellement dans l'achat de l'immeuble destiné à être loué aux Mutuelles de Bretagne

L'immeuble, qui deviendra les nouveaux locaux des Mutuelles de Bretagne, a d'abord fait l'objet d'un compromis de vente entre Richard Ferrand et un particulier, révèle le site Internet d'investigation, qui précise que ce compromis comportait une clause intrigante : Richard Ferrand sera bientôt remplacé, comme partie au contrat, par la SCI de son épouse, Sandrine Doucen et il ne sera valable qu'à la condition que l'offre de cette SCI soit bien sélectionnée par les Mutuelles de Bretagne.

Richard Ferrand était donc bien personnellement impliqué dans la transaction et le premier compromis de vente était une sorte de pari sur le fait que les Mutuelles de Bretagne choisissent l'offre de la SCI de son épouse.

Reste à savoir à quel point ce pari était risqué. Car un mois plus tard, le conseil d'administration des Mutuelles choisit bien l'offre de Sandrine Doucen. À l'époque, pourtant, le 25 janvier 2011, cette SCI n'a pas encore d'existence légale. Elle n'est même pas immatriculée au greffe du tribunal de commerce. Et donc, son nom ne figurant pas encore sur le compromis de vente, elle n'est pas encore légalement propriétaire des locaux au moment où son offre est retenue.

La rénovation du bien immobilier confiée à... la première épouse de Richard Ferrand

Cette décision débloque tout. La SCI obtient un prêt de 400 000 euros auprès du Crédit Agricole. L'accord avec les Mutuelles de Bretagne prend forme. Ces dernières acceptent de prendre à leur charge les travaux de rénovation du bien, qui se montent à 184 000 euros, en échange d'un loyer plus bas que le marché.

En quelques temps, donc, Sandrine Doucen, la compagne de Richard Ferrand, réalise une importante plus-value sur un bien immobilier entièrement rénové, aux frais des Mutuelles de Bretagne et acheté grâce à un crédit sécurisé par le choix de ces mêmes Mutuelles de Bretagne.

Mais les révélations ne s'arrêtent pas là. Une longue enquête du Monde sur "le mélange des genres" de Richard Ferrand apporte d'autres éléments qui font de cette histoire un imbroglio toujours plus familial. Les fameuses rénovations du bien immobilier ont été confiées à une artiste-peintre, basée en Bretagne, qui n'est autre que... la première compagne de Richard Ferrand. Cette dernière a "obtenu plusieurs marchés d'aménagements de locaux gérés par le réseau, de 2002 à 2013", avance Le Monde.

Député, Richard Ferrand a gardé des liens étroits avec les Mutuelles de Bretagne

Pour le moment, Richard Ferrand conserve la confiance de l'exécutif, qui souhaite attendre le verdict des électeurs aux législatives, pour lesquelles il est candidat. Joëlle Salaun, l'actuelle directrice des Mutuelles de Bretagne, lui a également apporté son soutien dans Le Parisien.

Une prise de position qui n'est peut-être pas complètement innocente, toutefois. Son compagnon est devenu, en 2012, l'assistant parlementaire de Richard Ferrand. Et ce dernier est, lui, resté chargé de mission au sein de l'organisme, contre une rémunération de 1250 euros. "Un échange de bons procédés ?", s'interroge d'ailleurs Le Monde.

L'étau se resserre donc un peu plus autour de Richard Ferrand et son poste, dans un gouvernement dont le premier chantier est la loi sur la moralisation de la vie politique, devient de plus en plus précaire.

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